Iran : des opportunités économiques à développer

Rencontre entre le président iranien Hassan Rohani et François Hollande. www.President.ir ©
Rencontre entre le président iranien Hassan Rohani et François Hollande. www.President.ir ©

Les négociations sur le dossier nucléaire iranien continuent de se poursuivre tandis que dans le même temps la population iranienne souffre toujours de l’impact des sanctions économiques. L’Iran, qui connaît pourtant un taux d’inflation élevé ainsi qu’un nombre important de chômeurs, ne baisse pas les bras. En effet, ce pays qui possède de réels atouts économiques appelle à l’aboutissement d’un accord sur le dossier nucléaire et surtout à la levée des sanctions qui freinent son développement.

Un pays pragmatique et rationnel

Les sanctions économiques qui pèsent sur l’Iran on fait comprendre que la politique étrangère du pays avait un réel impact sur l’économie du pays, comme l’a indiqué l’ancien président iranien Hachémi Rafsandjani. Or l’Iran est une nation qui reste pragmatique et rationnelle, d’où son désir de voir aboutir une levée des sanctions et l’aboutissement d’un accord sur le nucléaire. Le moment est sans doute propice compte tenu de la volonté d’ouverture vers l’extérieur du régime. Le Guide suprême Khamenei, numéro un du pays, ainsi que le président Hassan Rohani, ont compris que sans la levée des embargos, notamment sur les exportations du pétrole, l’avenir du pays était incertain. Sans oublier que la stabilité du régime serait préservé si l’économie redémarrait. La population iranienne est composée de plusieurs couches mais il est important de comprendre que la société iranienne est une société moderne. La classe moyenne iranienne possède des réflexes de consommation semblables aux Européens et aux Américains. Par exemple, tous les jeunes Iraniens connaissent parfaitement les séries télévisées américaines, ce qui aux vues de l’histoire peut apparaître surprenant. La population iranienne est également éduquée, et élément intéressant, beaucoup de filles vont à l’université. Elles sont actuellement plus nombreuses sur les bancs de l’université que les garçons. Il existe une culture de l’éducation des femmes très forte dans ce pays perse, beaucoup plus que dans certains pays arabes. Bien sûr, cela ne peut pas faire oublier les interdictions réelles que les Iraniens connaissent à cause d’une juridiction dure ainsi que l’existence d’un régime religieux fort.

Des atouts économiques à révéler

Néanmoins, l’Iran possède des atouts économiques certains qui peuvent la placer dans une nouvelle sphère d’influence au Moyen-Orient. Un élément majeur de son économie est le secteur des ressources naturelles. L’Iran possède les secondes réserves de gaz naturel et les troisièmes réserves de pétrole au monde. Des ressources minières sont également présentes en quantité sur son territoire, ce qui explique une importante exploitation de zinc et de manganèse. Mais l’Iran ne peut exporter ces ressources, comme le pétrole, du fait de l’embargo instauré contre elle dans le panel des sanctions économiques. Le pays pourrait donc devenir un fournisseur potentiel important du marché européen ou asiatique en cas de levée des sanctions.

Le domaine agricole et des services sont également sources d’encouragement. Les progrès en science ont permis de réaliser des transformations génétiques sur certaines pousses, notamment de riz, pour obtenir les meilleurs rendements au monde. Le progrès scientifique a également profité au secteur de l’informatique et des nouvelles technologies. Le secteur médical iranien mondialement reconnu profite donc de certains équipements de pointes. Pour le secteur tertiaire, les petites entreprises se développent de plus en plus, via le marché noir pour contourner les embargos. Ces domaines pourraient révéler au monde les vraies forces de l’économie iranienne qui tournent au ralentie depuis que le pays est sous embargo et ne peut exporter.

Enfin, le tourisme est un atout majeur qui commence à se (re)développer malgré les sanctions internationales et le régime en place. Les touristes européens sont les plus nombreux à se rendre en Iran. Les différents ministères du pays se préoccupent beaucoup de ce secteur dont ils veulent tirer le maximum de bénéfices. C’est pour cela que des travaux d’infrastructures comme des routes supplémentaires et/ou restaurées ainsi que de nombreux hôtels se construisent. Avec douze sites inscrits au patrimoine de l’Unesco et une histoire qui remonte à l’antiquité, l’Iran peut défendre sa position de destination sûre et culturelle au sein du Moyen-Orient. Il ne faut pas oublier que le tourisme intérieur est également en expansion surtout depuis l’avènement des congés payés, même si un manque de ligne aérienne intérieure handicape les déplacements dans le pays.

Une diplomatie active

Le rôle de la diplomatie est également essentiel pour l’avenir de l’économie iranienne. En effet la diplomatie facilite certains partenariats économiques. Un principe récurrent dans les relations internationales est que les pays qui comptent le plus dans les négociations sont ceux vers lesquels on se tourne. Ce principe vaut aussi pour l’établissement de partenariats économiques. Cette règle s’applique à la France dans son engagement pendant les négociations menées avec le groupe 5 + 1 (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et l’Allemagne) sur le nucléaire. En effet, début novembre 2013 la France affichait son refus sur l’aboutissement d’un accord qui, selon le ministre des Affaires étrangères, n’était pas satisfaisait pour toutes les parties. Finalement, un accord intermédiaire était trouvé peu de temps après. Cette assise diplomatique, qui a permis d’obtenir un accord intermédiaire satisfaisant pour toutes les parties, est un élément dont la France devra user dans la perspective de voir naître une relation économique privilégiée entre Paris et Téhéran si les sanctions devaient tomber.

Certains obstacles demeurent pourtant. Le président américain Barack Obama qui était un défenseur du dialogue avec l’Iran se voit stoppé par le Congrès dont la majorité est républicaine. Son allié Israël ne voit pas non plus d’un très bon œil toutes ces tractations diplomatiques avec l’Iran. Cela s’explique notamment parce que l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a plusieurs fois affiché haut et fort son désir de « rayer Israël de la carte ». Mais ce discours semble ne plus exister du côté de Téhéran qui a compris que l’ouverture politique et économique était sa meilleure chance pour garantir l’avenir de son pays et sans doute de son régime. Enfin, les possibilités économiques évoquées ainsi que les relations diplomatiques de l’Iran avec les puissances du monde mettent mal à l’aise l’Arabie Saoudite qui ne souhaite absolument pas voir s’affirmer une puissance chiite au Moyen-Orient.

Sources :

http://www.investiniran.ir/fr/foreigninvestment/economicadvantages

http://www.iris-france.org/docs/kfm_docs/docs/analyses-iris/2012-05-thierry-coville-iran.pdf

Les investissements de la Chine dans le monde

crédit photo : Mariusz Kluzniak
crédit photo : Mariusz Kluzniak

L’année 2014 a bien été celle d’une Chine dépensière et montrant un appétit sans fin en investissements. Autant dire que du temps a passé entre son entrée à l’OMC en 2001 et l’annonce le 8 janvier dernier son plan pour investir 210 milliards d’euros en 10 ans à un rythme de 21 milliards par an avec les pays de la Celac (Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes).

 
Les observateurs attribuent souvent à la Chine une attitude de prédateur vis-à-vis de l’Afrique. Pillage de ressources, soutien aux dictatures sans aucun scrupule, c’est souvent en ces termes qu’est décrite cette relation. Néanmoins, un nombre croissant d’acteurs africains et de médias locaux loue un investisseur indispensable, voir un sauveur pour un continent qui peine à attirer d’importants flux de capitaux et dont les conséquences des aides au développement ont parfois eu des conséquences sociales désastreuses. Les bailleurs internationaux (dont le FMI et la Banque Mondiale)¹ conditionnaient leurs prêts à des réformes économiques drastiques et libérales qui impliquaient la fin des subventions locales à l’agriculture, la coupes brutales de budgets et la privatisation de services publics, santé et eau potable, conduisant à une aggravation de la situation des plus pauvres. La nécessité de rétablir des comptes publics sains a fragilisé les infrastructures publiques, les hôpitaux, routes et chemins de fer à un point qui entrave le développement économique. Imaginez l’aubaine que représentent les investissements chinois en Afrique subsaharienne. En échange de l’accès aux matières premières locales, Pékin prête sans conditions des milliards de dollars qui servent à financer des infrastructures qu’elle produit et installe elle-même avec ses travailleurs détachés.

 
Un changement considérable est néanmoins survenu en mai 2014 lorsque la Chine procède au lancement d’un fonds d’investissement en association avec la Banque Africaine de Développement. Ce fonds intitulé Africa growing together fund aura une capitalisation initiale de 2 milliards de dollars et ne financera plus exclusivement des projets réalisés par des entreprises et des travailleurs chinois, l’idée étant que la construction de ces infrastructures profite davantage à la croissance des pays concernés. Le lancement de ce fonds constitue une avancée mais la Chine réalise toujours la grande majorité de ses accords de manière bilatérale pour le profit de ses entreprises. C’est notamment le mode qui a été employé avec le Maroc le 28 novembre dernier quand les deux pays ont signé 30 accords de coopération sur les ressources énergétiques, les infrastructures et le tourisme.
L’épopée des investissements chinois a été résolument mondiale en 2014. Sur le continent nord-américain cette fois, l’empire du milieu a conclu en septembre dernier, après de longues négociations, un accord sur la protection des investissements étrangers. Il s’agissait d’éviter les conflits juridiques entre les deux pays qui ont vu leurs échanges augmenter de presque 40% depuis 2009. Cette tendance n’est pas prête de s’arrêter et la signature en novembre dernier d’un accord d’échange de devises – visant à délaisser le dollar US- devrait encourager cette évolution. A noter qu’un accord semblable a été signé avec le Qatar pour ses hydrocarbures.

 
Les tensions géopolitiques en Ukraine ont même profité à Pékin qui a conclu plusieurs accords de coopération avec Moscou dont un accord gazier comportait un rabais comparé au prix pratiqué avec les Européens. D’autre part, les ex-frères ennemis communistes, ont convenu d’un accord de coopération dans l’aéronautique pour à terme lancer un constructeur qui concurrencerait Boeing et Airbus.
L’année de tous les accords pour la Chine est également passée par l’Australie, l’un des plus gros producteurs de minerais au monde, un voisin que Pékin ne néglige pas. La diplomatie économique chinoise fonctionne aussi en Océanie comme en atteste le Premier ministre australien Tony Abbott qui qualifiait le 17 novembre 2014 de jour « historique » à l’occasion de la signature d’un accord de libre-échange. Le dirigeant australien est désormais ravi d’ouvrir pour ses entreprises un accès à un vivier de consommateurs considérable tandis que Xi Jinping pourra investir davantage dans les concessions minières qui sont précieuses pour les industries chinoises.
La liste des courses chinoises a fait escale sur tous les continents même s’il est à souligner qu’une attention particulière a été portée à l’Asie que ce soit de manière bilatérale ou multilatérale. Pékin a depuis longtemps voulu diversifier ses débouchés et réduire sa dépendance envers l’Europe et les Etats-Unis notamment grâce à l’ASEAN (Association des Nations de l’Asie du Sud-Est) avec laquelle elle a déjà elle a mis fin aux droits de douanes dès 2010 et ses partenaires d’envergures que sont la Corée du Sud et le Japon. Autant de dire que l’année 2014 a exaucé ces souhaits, le 10 novembre dernier elle est parvenue à un accord de libre-échange avec Séoul qui devrait aboutir à réduire de 90% les droits de douane. Cette avancée faisait déjà passer la région qui a la plus forte croissance mondiale aux premiers plans pour atteindre cette fois 25% du commerce mondial. Le coup de maître est venu le lendemain lorsque la Chine a proposé à ses partenaires de l’APEC (Asia-Pacific Economic Cooperation) un autre accord de libre-échange qui pourrait représenter cette fois 50% de l’économie mondiale. Une feuille de route a été mise en place mais les Etats-Unis se sont opposés au projet qui concurrence directement leur projet de Trans Pacific Partnership qui exclut la Chine.

 
Les Etats-Unis observe d’un œil méfiant l’ascension irrésistible de leur challenger qui en un an a noué des relations avec tout le globe. Il est loin le temps où Washington servait de parrain à l’Empire du milieu pour son entrée à l’OMC en 2001. Près de 14 ans après, il est intéressant d’observer comment Pékin parvient presque à se substituer à l’organisation de Genève et son cycle de Doha. Partenaires, ennemis, ancien alliés, quasi-alliés, tous les gouvernements du monde font une bonne part de leur échange avec la Chine. A l’heure de la mondialisation poussée, qui est vraiment la nation indispensable ?

 

Moussa Koné

Sources :

¹ Nôtre maison brûle au Sud de Serge Michailof, Fayard, 2010

le figaro  RFI  jeune afrique les echos

Qui détient le pouvoir économique ?

Crédit : Pasu Au Yeung
Crédit : Pasu Au Yeung

La question de l’origine du pouvoir existe depuis toujours. Avec la fin de la guerre froide et l’ouverture progressive des frontières commerciales, les luttes entre les États et plus particulièrement entre grandes puissances ont pu être qualifiées de « guerres économiques »,  l’État ayant dès lors pour rôle d’assister et de protéger les entreprises dans leur conquête de nouveaux marchés. Qui détient vraiment le pouvoir économique aujourd’hui?

Chine ou États-Unis ?

“It’s official: America is now No. 2”, ainsi titrait le Brett Arend’s le 4 décembre dernier après la parution des derniers chiffres du FMI annonçant que le produit intérieur brut (PIB) chinois calculé en parité de pouvoir d’achat atteindrait  17 632 milliards de dollars fin 2014, tandis que le PIB américain s’élèverait à 17 416 milliards. La Chine retrouverait ainsi la place qu’elle occupait avant la « parenthèse américaine » que nous avons connue au cours du siècle passé et qui suivit le « siècle de l’humiliation » (XIXème siècle) pour la Chine. Peut-on affirmer pour autant que la Chine est désormais la plus grande puissance économique mondiale ?

Si la discrétion du FMI quant à cette nouvelle a contribué à alimenter la critique selon laquelle les grandes institutions internationales, FMI, OMC et banque mondiale, restent sous forte influence occidentale, c’est la question du calcul même de la puissance économique, encore irrésolue, qui prévaut aujourd’hui.

Certes la comparaison du pouvoir d’achat dans l’un et l’autre pays reste parlante, pour autant, il faut noter que, d’une part, les États-Unis restent en tête en termes de PIB par habitant, soulignant les inégalités de développement entre la Chine littorale et la Chine intérieure.

D’autre part, ces deux pays sont difficilement comparables sur le plan économique du fait de leur interdépendance ; la Chine finance le déficit public américain à hauteur de 10% environ et toutes les grandes firmes américaines restent implantées en Chine comme nombre de firmes internationales.

L’interdépendance croissante entre États du fait des firmes multinationales tend aujourd’hui à relativiser la puissance économique de ces mêmes États.

États ou entreprises ?

Les multinationales représentent aujourd’hui un acteur majeur dès lors que le choix de leur implantation peut déterminer les conditions du développement d’un pays. L’exemple du modèle de développement asiatique est en cela très parlant pour témoigner du potentiel derrière le choix de l’implantation des multinationales en termes de formation de la main d’œuvre, de transfert de technologies et/ou de création de richesse à court voire à long terme pour une économie.

Le récent scandale au sujet de l’évasion fiscale des multinationales au Luxembourg rappelle un  enjeu majeur : celui de leur place au sein de la gouvernance mondiale. Ce sont désormais elles qui décident de l’allocation des ressources dans le monde en fonction de leur intérêt propre et l’actualité nous prouve qu’elles échappent au contrôle des organisations intergouvernementales ou internationales dans la mesure où tous les gouvernements deviennent concurrents dans la lutte pour l’implantation des FMN – et de leurs ressources.

Le Traité Transatlantique tel que négocié actuellement entre l’Union européenne, les États-Unis et le Canada pourrait représenter un changement majeur en faveur de ces FMN ; alors que jusqu’à présent elles agissaient dans l’ombre, via notamment le recours au lobbying, mais n’étaient pas reconnues par le droit international, celles-ci pourraient désormais être capables de poursuivre un État en justice.

Ce projet remet en question le rôle de l’Organisation Mondiale du Commerce qui ne permettait d’arbitrer qu’entre États, au travers de l’Organisme de Règlement des Différends, mais souligne également l’effacement de l’État au profit des entreprises.

Sources : Le Monde, Huffingtonpost, Challenges, RTL, FMI, Brett Arends’s

Urgence développement : stimuler l’Afrique par des investissements publics et privés

planisphère continent africain

L’aide bilatérale française est l’une des plus importantes au monde. Le pays est le quatrième contributeur, ce qui correspond à 10% de l’aide mondiale accordée. Les aides au développement se concentrent essentiellement sur le continent africain, et plus précisément en Afrique subsaharienne. De multiples projets sont conduits en lien avec les pays concernés pour améliorer l’activité économique ou le secteur social. L’objectif étant d’appuyer des projets durables et qui permettent de stimuler la croissance économique. Pour ce faire des investissements privés via des fondations s’associent également dans le processus de développement afin de conduire des projets de manière autonome.

Impacter la vie quotidienne 

Les aides publiques au développement ont pour buts premiers la lutte contre la pauvreté et l’intégration dans la mondialisation. Il s’agit donc d’impacter positivement la vie des personnes présentes sur le territoire, et dans le même temps, de permettre de relancer l’activité économique dans le pays. C’est pour cela que des dons sont réalisés dans certains pays d’Afrique pour élaborer des projets ou répondre à des demandes concrètes d’infrastructures. Par exemple, un projet au Niger, menée avec une aide bilatérale de la France, a permis de réaliser à Niamey l’alimentation en eau potable de 24 centres urbains et 5 quartiers périphériques de la ville. L’agence française de développement (AFD) tient à ce que les projets de développement qui sont conduits soient durables. Plus question de subventionner des projets OGM ou utilisant le charbon. La plupart des projets se concentre donc dans le domaine de l’amélioration de l’exploitation agricole, ou de l’assainissement de l’eau. Les débouchés quels sont-ils ? Au-delà de soutenir des projets durables ils permettent de responsabiliser les populations. Elles devront en effet garantir la pérennité des biens et infrastructures dont elles pourront jouir. Les projets de santé sont également très importants dans les initiatives au développement. Par exemple l’appui pour la création d’un réseau de protection sociale en Guinée.

Encourager les financements privés

Mais les dons publics ne sont pas les seuls à favoriser la réalisation de projets en Afrique, ou ailleurs. Des fondations privées d’entreprises, comme le groupe Areva, sont présentes sur le continent à travers un soutien financier dans des projets concernant l’éducation, l’environnement, la culture, l’entreprenariat ou la santé. La fondation Areva a appuyé, via l’ONG de développement nigérienne HED Tamat et avec le soutien du Secours populaire français, un programme d’appui à 10 écoles dans la commune rurale d’Ingall. « Ce projet financé par le Secours populaire français et la Fondation AREVA représente une contribution majeure pour HED Tamat et ses partenaires face au défi que représente le renforcement de la scolarisation en zone nomade », a déclaré Mr Seidi Houmoudan, représentant de l’ONG locale HED Tamat. Le fait d’inciter des grands groupes privés, comme la Fondation Areva, à agir est une bonne nouvelle quand on sait que tous les budgets d’aides au développement des Etats sont revus à la baisse. La France n’étant pas exempte de cette diminution de budget. Mais le secteur privé rencontre encore des difficultés à intervenir dans des projets de développement. Ce domaine apparaît pour la plupart des personnes comme spécifique au secteur publique. L’image qu’une entité privée puisse intervenir dans des projets de développement n’est encore pas très bien acceptée. Pourtant, malgré des critiques sur l’intérêt annoncé et réel des entreprises dans leurs initiatives de dons, il faut leur reconnaître une incidence et une efficacité. De plus, les entreprises disposent de capitaux disponibles pour des dons et de l’investissement, ce sera de moins en moins le cas pour les administrations publiques. Il faut donc casser cette image qui considère le secteur privé comme fondamentalement mauvais.

Sans tomber dans des réflexes d’assistance, l’aide au développement est un outil qui s’avère indispensable pour soutenir des initiatives locales et/ou la réalisation de projets durables proposés par des entités publiques et privées. La finalité étant de lutter contre la pauvreté dans des pays durablement atteints et pour lesquels l’aide au développement est un soutien financier mais également un encouragement réel.

L’économie collaborative

Avant l’institutionnalisation généralisée des lois du marché au travers du capitalisme, la production sociale était la règle. Organisée dans des communautés basées sur la localisation, la population résolvait ses problèmes par la collaboration et les échanges collectifs, qu’ils soient commerciaux ou non. [1]

Par exemple, sous l’ancien régime en France, la plupart des villages s’autogéraient et géraient leurs terres en communaux. Cela signifie que les terres villageoises étaient en propriété collective, ce qui permettait même aux paysans les plus pauvres d’élever des bêtes sans avoir de terres. En effet, il y avait des parcelles communes ou encore des périodes de l’année ou la propriété n’avait plus cours (par exemple après la moisson) le bétail de chacun pouvait paitre sur l’intégralité des terres du village pour nourrir de façon optimale le bétail avant l’hiver.[2]

Descendants de ces communautés, de nombreux réseaux se construisent à nouveau grâce au Web 2.0 et ses plateformes participatives qui favorisent le courant du «savoir libre» et de la «culture libre». Ainsi, le concept de « Sharing economy» ou «mesh economy» apparaît aux États-Unis au milieu des années 2000. Les communautés ont beaucoup changé et se font aujourd’hui, avec l’évolution des moyens techniques et des transports, à des échelles multiples.

A l’échelle locale on peut citer l’AMAP, le coworking, le vélo-partage, les fablabs, les hacklabs, la collocation et l’habitat collectif. A une échelle plus globale, on peut citer des systèmes de consommation collaboratifs comme le Couchsurfing, le covoiturage, le peer-to-peer ou des systèmes de finance alternative comme le crowdfunding, le prêt d’argent de pair à pair et les monnaies alternatives.

Ainsi, l’économie collaborative se définit aujourd’hui comme une activité humaine visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils – l’usage plutôt que la possession – l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internet.

Ovni du capitalisme issu de l’internet, cette économie parallèle se développe à une période où les notions de croissance et de surconsommation sont de plus en plus remises en cause et ou le problème de la surpopulation inquiète. Si l’on ajoute à cela la paupérisation des pays riches et la maturité des technologies de l’information et de leurs utilisateurs, tous les facteurs semblent réunis pour la démocratisation de ce concept théorisée depuis les années 70. Un concept initié par la société civile qui pourrait transformer l’économie et la société.

Si le mouvement n’a pour l’instant rien d’une « révolution » ou d’un changement de paradigme – quoi que certains économistes le soutiennent[3] – il progresse dans la société. Des formes de revente, de location, de partage, de troc, d’échange, de don de biens matériels et immatériels, de service ou encore de savoir-faire, se démultiplient : c’est désormais une tendance notoire.

[1] The circulation of co-created value in collaborative networks, Daiane Scaraboto, Pontificia Universidad Católica de Chile
[2] De la Centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, marion Sigaut
[3] Vive la Co-révolution! Pour une société collaborative Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot –Editions Alternatives–octobre 2013.

Qu’est-ce que la guerre économique ?

Dans son testament politique, François Mitterrand au bord de la mort écrivait : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort… apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort! »

Si l’ancien président socialiste évoquait déjà en 1996 la guerre économique, aujourd’hui, alors que la sécurité d’un pays se mesure davantage en emplois sauvés et en domination économique qu’en victoire sur les champs de bataille, le concept de guerre économique fait son chemin dans les esprits.

La guerre économique c’est quoi ?

Fondamentalement, comme l’explique Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique, c’est « comment des hommes vont développer des moyens pour survivre et comment d’autres vont leur prendre. ». Appliqué à nos sociétés contemporaines mondialisées, il s’agit d’un conflit entre économies concurrentes, dans le jeu des échanges internationaux, d’où sortiront un gagnant et un perdant. (définition wikipedia) Etendu aux entreprises – qui se veulent chaque jour plus indépendantes des Etats – la guerre économique peut également se définir comme une concurrence exacerbée rythmée de pratiques agressives comme le dumping, le lobbying, la normalisation, la contrefaçon concurrentielle, la guerre de l’information, voire même l’espionnage industriel.

Un exemple très concret de guerre économique : l’avion de chasse rafale. Cet avion parmi les plus aboutis au monde, est capable de remplir des missions de reconnaissance, d’interception, d’attaque air-sol, d’attaque air-mer, ainsi que la frappe nucléaire. Là ou trois avions différents seraient normalement nécessaires, le rafale remplit toutes les missions. Cependant, les Etats Unis ont préféré user de leur influence pour empêcher la vente de ceux-ci tout en essayant de développer désespérément un modèle équivalent à coups de milliards de recherche – qui se sont soldés jusque-là par un échec – plutôt que de laisser leur « allié » politique prendre des marchés. Mais ces contrats correspondent en réalité à des milliards d’euros qui ne seront pas injectés dans l’économie française et dans sa croissance.

En pratique, sans que nous le sachions, les aléas de la guerre économique rythment chaque jour nos vies et nos emplois. Prenons un exemple qui touche chacun de nous: les révélations d’Edward Snowden. Si les medias ont expliqué que ce dispositif servait à empêcher le terrorisme, ce n’est que très partiellement vrai. En effet tout « bon terroriste » connaît déjà les pouvoirs des renseignements et possède largement les moyens de s’en prémunir via des logiciels comme TOR. L’analyse de ce dispositif d’espionnage permet de comprendre sa fonction principale : regrouper l’information stratégique par le big data aux profits des entreprises américaines. En effet l’Etat déniche via ses services secrets, la moindre bribe d’information sur les concurrents de ses entreprises nationales. Allant jusqu’à décortiquer les emails privés ou les « messages personnels » des réseaux sociaux, il observe chacune des personnes qui pourraient être en contact avec des informations confidentielles. L’Etat américain, en échange de la coopération secrète de ses entreprises nationales leur cède des rapports qui leur permettront d’infléchir des négociations au cours desquelles des millions/milliards d’euros se joueront avec l’emploi de votre oncle/père/cousin dans le lot. Sans compter le « désagrément » d’être pisté et observé chaque jour pour l’honnête citoyen.

Comme l’explique Christian Harbulot, la France dans tout cela « encaisse ces coups sans rien dire ». En effet explique-t-il « les élites françaises ont choisi d’être sous la protection des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. C’est un choix non assumé devant le peuple français. Mais c’est une réalité. » . De leur côté, les entreprises ne parlent pas. En effet, la guerre économique est cachée par ses victimes qui n’osent pas dire qu’elles ont été attaquées – de peur de dévoiler leurs point faibles et de faire fuir les investisseurs – et est cachée par leurs acteurs qui n’ont pas intérêts à venter leurs méfaits ou à dévoiler leur identité. En France cela va encore plus loin : la plupart des dirigeants refusent d’employer des méthodes agressives. Mais pire encore, ils n’imaginent pas que d’autres puissent employer ces méthodes systématiquement et s’en défendent dès lors assez mal. Cet angélisme, orphelin d’un panache français disparu, pourrait bien porter préjudice à la France.

Comment permettre à son entreprise de rester dans la compétition?

La délégation interministérielle à l’intelligence économique propose quelques solutions. Elle conseille de sensibiliser et de former tous les acteurs de l’entreprise , d’anticiper et d’accompagner les évolutions notamment par la veille stratégique pour prendre les meilleures décisions, de sécuriser à travers la prévention des risques, notamment immatériels (savoir-faire, réputation, etc.) et de cultiver son influence à long terme sur l’environnement économique et ses acteurs afin de créer un environnement favorable aux orientations choisies.

En pratique, le plus important est de prendre conscience du danger. Après, il existe de nombreuses solutions, allant de l’autoformation aux cabinets d’intelligence économique, de stratégie et de veille.

Site de la Délégation interministérielle à l’intelligence économique
http://www.intelligence-economique.gouv.fr/

Interview de Christian Harbulot président de l’école de Guerre économique:

Sabordage : Comment la France détruit sa… par agenceinfolibre

Reprise économique dans le secteur des biotechnologies françaises

Après une baisse de 12% de l’indice Alys France le mois dernier – indice représentant l’ensemble des sociétés biotechnologiques hexagonales – ces dernières semblent, selon Sacha Pouget du Kalliste Biotech Fund, bénéficier d’un regain d’intérêt pour les investisseurs car « les sociétés innovantes dans le domaine de la santé affichent une capacité de croissance […] au-delà de 20% ».

 Un secteur français proactif…

 Les entreprises de biotechnologies tricolores semblent avoir le vent en poupe,  qu’il s’agisse des projets mis en avant ou des levées de fonds permettant leur financement. Sacha Pouget explique que l’investissement dans ce secteur « reste pertinent » notamment en raison « de l’ampleur des besoins médicaux encore non satisfaits [qui] laisse une marge de progression considérable » car « la France possède en ce domaine un vivier de talents reconnus internationalement » dans ce qui est désormais nommé « les medtechs ».

Parmi les sociétés nationales spécialisées dans l’innovation biotechnologique, une bénéficie d’une actualité florissante largement relayée par les médias : SuperSonic Imagine. Spécialisée dans l’imagerie médicale par ultrason, cette dernière a impressionné les participants à la « Digestive Disease Week », organisée début mai à Chicago, en présentant son échographe Aixplorer. Cette dernière innovation vient par ailleurs d’être mise à disposition du CH d’Aix-en-Provence qui se félicite des « performances » des échographes.

Les sources indiquent que « cette innovation, l’Elastographie ShearWave™, améliore la détection et la caractérisation de multiples pathologies dans de nombreuses applications, notamment le sein, la thyroïde, le foie ou la prostate. Au cours des dernières années, SuperSonic Imagine a bénéficié du soutien de plusieurs investisseurs de premier plan, parmi lesquels Auriga Partners, Edmond de Rothschild Investment Partners, Bpifrance, Omnes Capital », etc.

…qui conquiert des parts de marché grandissants

Outre-Atlantique, cette nouvelle technologie fait des émules comme l’illustre l’accord de trois ans conclu avec la centrale d’achat Resource Optimization & innovation (Roi) visant à « mettre à disposition l’échographe Aixplorer aux 1.500 membres et affiliés de Roi aux États-Unis ». Par ailleurs, l’entreprise a également remporté un marché de 19 machines dans un centre hospitalier de Floride face aux géants General Electric, Philips, Siemens et Toshiba.

Cette ouverture à l’international, couplée aux performances novatrices de ses innovations (l’échographe dispose d’une caméra ultrarapide de 20.000 images seconde contre 200 pour les échographies traditionnelles) fait de cette entreprise une des valeurs montantes de l’innovation biotechnologique mondiale.

 SuperSonic Imagine vise la captation de 7% du marché mondial pour un chiffre d’affaires avoisinant les 500 millions d’euros d’ici une décennie. Jacques Souquet, Président de l’entreprise, explique qu’ « avec les fonds levés en bourse [la dernière en date étant effectuée par un fonds d’investissement du Groupe Edmond de Rothschild en avril dernier pour un montant de 55 millions d’euros] nous allons pouvoir augmenter notre force commerciale, maximiser notre potentiel technologique et développer la gamme de produits avec notamment un système portable ». La Chine est également un objectif prometteur : après avoir ouvert son premier bureau l’année dernière, SuperSonic Imagine en ouvrira deux autres en 2014 car l’Empire du milieu représente déjà 60% des ventes de l’entreprise.

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées » qui débouchent sur des innovations biotechnologiques

Réflexions sur l'économie et la finance dans un monde qui change