La « dé-possession » : remède à la crise économique et écologique ?

La FING (Fédération Internet Nouvelle Génération) vient de publier son cahier d’enjeux « Questions numériques 2012-2013 : le temps des ruptures ? » Afin d’imaginer les futurs possibles, ce rapport s’interroge sur les « ruptures » à venir : quelles discontinuités, quelles bifurcations, quels basculements… pourraient-ils venir changer la donne dans un secteur, pour une catégorie d’acteurs, sur un marché ou pour tout le monde ? Comment anticiper ces ruptures et leurs conséquences ? Comment en faire des opportunités ? Pour répondre à la problématique de la crise économique et environnementale, la FING propose notamment le concept de « de-possession ».

Posséder, c’est dépassé

La FING part de ce constat : « face à une crise qui dure, une économie de survie se développe : il faut dépenser moins et générer des revenus complémentaires. Comment ? En partageant tout ce qu’on peut : sa voiture, son logement, ses outils, son bout de jardin, son temps, ses compétences… [...] Petit à petit, la dé-possession devient autre chose qu’une contrainte, un champ d’innovation. Un imaginaire du partage émerge, issu des théoriciens de la décroissance : moins de biens, plus de liens (et un impact écologique diminué) ! [...] Cette transformation qui touche tant la production que la consommation, a en revanche un effet économique paradoxal : en permettant de satisfaire de nombreux besoins à un coût moindre, elle réduit mécaniquement le PIB ».

Conclusion logique de la FING : « il va vraiment falloir mesurer autrement la richesse ! »

Ce retour de l’économie de partage est grandement favorisé depuis quelques années par l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. Il existe des centaines de sites  de consommation « collaboratives » (achats groupés, partages de ressources et de connaissances, consumer to consumer…) : récemment, Terra Eco en a choisi 100. Le choix est vaste ! Lire également cet article de William Vandenbroek publié sur Owni : « Comment l’économie du partage crée du lien social ».

Les avantages et les limites d’une telle conception

Dans son étude, la FING recense trois avantages et trois limites au développement de la « dé-possession ».

L’avantage principal est que ce scénario propose une « réponse pertinente à la crise économique et écologique, fondée sur l’énergie des gens et l’entrepreneuriat. Il raconte une transformation qui marie l’économie, le social et l’environnemental ». On voit bien que cela entre dans la lignée des tendances pour une économie socialement responsable. Une tendance prometteuse mais qui a bien du mal à se généraliser dans une économie financiarisée et court-termiste à outrance – ce malgré les promesses d’une « moralisation » de l’économie et d’un retour à un capitalisme post-crise plus éthique. On attend toujours.

Parmi les limites de la « dé-possession », on trouve :

- Ce scénario ne résoudra pas les problèmes posés et fragilisera encore les entreprises établies, produisant encore plus de chômage.

- Ce scénario va à contre-courant du mouvement séculaire des modes de vie.

- On peut craindre que la transformation des produits en services produise plutôt de la dépendance que de l’interdépendance.

Et vous, que pensez-vous du mouvement de la « dé-possession » ? Y êtes-vous favorable ? Est-ce un espoir crédible pour une mutation cohérente de l’économie ?

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