Le collectif Roosevelt 2012 pour changer la donne

Et si l’invité vedette de la campagne présidentielle française était finalement un mort : le Président étasunien Franklin D. Roosevelt, instigateur du New Deal, une politique interventionniste mise en place entre 1933 et 1938 pour contrecarrer les effets de la crise économique ?

Comme le montre un article de Marianne, l’idée d’un New Deal français est adoptée à la fois par Nicolas Sarkozy et François Hollande tandis que le collectif Roosevelt 2012 s’est constitué pour proposer 15 réformes pour « changer la donne ».

Politiques, société civile et économistes réunis

Le but de Roosevelt 2012 est de « provoquer un sursaut » : « dire la gravité de la crise et alimenter le débat avec 15 mesures d’urgence que le nouveau Président de la République devra mettre en œuvre dès les premières semaines, après son arrivée au pouvoir ». Le collectif se compose à la fois de personnalités médiatiques, de politiques et d’économistes.

Michel Rocard, membre de Roosevelt 2012

Parmi les personnalités médiatiques, citons Stéphane Hessel, auteur du fascicule à succès « Indignez-vous! »; Edgar Morin, sociologue, historien et philosophe ; Bruno Gaccio, scénariste et producteur ;  et Lilian Thuram, ancien footballeur, membre du Haut Conseil à l’Intégration.

Parmi les personnalités du monde politique et associatif, citons Michel Rocard, ancien Premier ministre ; Philippe Lamberts, porte-parole du Parti Vert européen ; Emmanuel Poilane, directeur de la fondation Danielle Mitterrand ; Patrick Pelloux, médecin urgentiste ; et le collectif Génération Précaire.

Parmi les économistes, citons Jean Gadrey, membre d’Attac ; Claude Alphandéry, président du Conseil national de l’insertion par l’activité économique ; Alain Grandjean, docteur en économie de l’environnement ; et René Passet, premier président du conseil scientifique d’Attac.

Les banques, la spéculation et les paradis fiscaux dans le viseur

Dans la tribune « A crise globale, réponse globale » publiée sur Le Cercle Les Échos, le collectif Roosevelt 2012 se veut optimiste : « bonne nouvelle ! Si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d’autres décisions politiques peuvent nous en sortir. Il n’y a aucune fatalité, aucune main du Destin qui nous entraine inexorablement vers le chaos. Notre avenir est entre nos mains ! » La banque et le monde financier sont particulièrement visés, comme le montrent ces mesures :

Roosevelt 2012 demande un abaissement des taux d’intérêts sur la dette, qui asphyxient les États et les obligent à mener des politiques d’ultra-austérité : « est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent d’habitude à 1 % auprès des Banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01% mais que, en cas de crise, les États soient obligés, au contraire, de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? » C’est ce qu’expliquaient déjà Michel Rocard et Pierre Larrouturou dans une tribune publié le 2 janvier dernier dans Le Monde.

Boycotter les paradis fiscaux

Roosevelt 2012 prône un réel boycott des paradis fiscaux : en France, c’est chaque année une perte de 20 à 30 milliards d’euros.

Roosevelt 2012 soutient une séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires. Une mesure proposée par plusieurs candidats à l’élection présidentielle : François Hollande, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade… mais pas Nicolas Sarkozy. Cette séparation des banques interdirait aux banques de spéculer avec l’argent de M. et Mme Tout-le-monde.

Roosevelt 2012 exige enfin l’instauration d’une vraie taxe sur les transactions financières : si une telle taxe avait été créée en 2008, même à un taux très faible, elle aurait déjà rapporté entre 250 et 600 milliards. La crise grecque aurait pu être réglée très vite, sans demander d’efforts aux peuples d’Europe.

Développer l’économie solidaire

En dehors de la régulation de la finance, Roosevelt 2012 défend aussi le développement de l’Économie sociale et solidaire (ESS) qui œuvre en effet la voie d’un modèle économique et social au service des citoyens, au plus près des territoires : « l’EES représente déjà aujourd’hui plus de 10% des salariés et 14% de l’emploi privé, soit 2,3 millions de personnes qui travaillent dans plus de 210.000 établissements ».

Les 15 réformes du collectif sont publiées sur le site Roosevelt2012.fr. Pour l’instant, près de 27.000 citoyens ont signé ces réformes. Le prochain Président de la République en tiendra-t-il vraiment compte pour sortir vraiment de la crise et relancer la croissance ?

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