L’écologisation de la finance et de l’investissement mondial

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a publié en février 2011 un rapport ses les moyens de favoriser le développement d’une économie verte. Ce sont Paul Clements-Hunt et Moustapha-Kamal Gueye qui ont publié ce rapport intitulé : « Vers une économie verte – Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté – Synthèse à l’attention des décideurs ». En voici les principaux enseignements.

Les trois défis du financement vert

Les auteurs constatent qu’à ce jour, le degré dans lequel les risques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) sont pris en compte explicitement dans les considérations bancaire est limité.

De plus, le manque de financement public adéquat est également une barrière importante à l’augmentation du flux des investissements verts. Le financement vert est justifié par les externalités positives attendues de l’économie verte et il peut être important pour favoriser l’investissement privé. En effet, selon une étude de 2009 d’UNEP & Partners, un dollar d’investissements publics dépensé par le biais d’un mécanisme bien conçu des finances publiques (GFP) peut engendrer la levée de 3 à 15 dollars auprès du secteur privé.

Enfin, le rôle de la microfinance pour l’économie verte doit être développé et repensé : « l’industrie de la microfinance au cours des dernières années a vu une plus grande concurrence, volatilité et des soucis d’intégrité du système tandis que plus d’intermédiaires financiers sont impliqués. Cela souligne la nécessité de passer de la gestion de crise à des systèmes de gestion des risques plus systémique et complète tandis que l’industrie arrive à maturité. L’expérience montre aussi l’importance de développer des partenariats constructifs et des alliances avec les organisations impliquées dans le secteur industriel pertinent, par exemple la chaîne de valeur agroalimentaire ».

L’écologisation de la finance et de l’investissement mondial

Tout d’abord, il faut harmoniser les cadres réglementaires : « les écarts entre la haute politique, les lois nationales et un système de marchés financiers et de capitaux qui internalise totalement une pensée économique verte, bien que se réduisant, restent importants ».

Logo du Programme des Nations unies pour l'environnement

Ensuite, il faut améliorer la divulgation du risque environnemental : « les investisseurs exigent la divulgation complète des risques ESG des entreprises afin que ceux-ci puissent être surveillés. La même approche peut être appliquée aux praticiens de la finance et de l’investissement. Par exemple, en 2011, 40% des signataires des principes pour l’investissement responsable ont divulgué la totalité de leur évaluation annuelle de la façon dont ils mettent en œuvre des investissements responsables […] Les banques publiques et privées pourraient être encouragées à mesurer la contribution nette de leurs activités par rapport au changement climatique, à la perte de biodiversité et à l’économie verte au sens large ».

Enfin, il faut soutenir les institutions qui peuvent financer la transition vers une économie verte. Les principaux domaines d’intérêt comprennent :

1) les régimes d’échange d’émissions (créer un marché carbone universel) ;

2) les marchés obligataires verts (afin de financer des projets environnementaux) ;

3) les règles d’introduction en bourse et la performance ESG des entreprises ;

4) le rôle des institutions financières de développement (Fonds pour l’environnement mondial, Banque mondiale, Banque européenne d’investissement, Caisse des dépôts, Agence française de développement…) ;

5) le « verdissement » des fonds souverains (comme les fonds de pension, les fonds souverains ont tendance à avoir un horizon à long terme) ;

6) les politiques fiscales.

Conclusion

L’analyse et la modélisation réalisée pour le rapport sur l’économie verte suggèrent que le niveau d’investissement supplémentaire nécessaire est de 1% à 2,5% du PIB mondial par an, de 2010 à 2050 (PNUE, 2011). Actuellement, l’investissement dans l’économie verte est bien inférieur à 1% du PIB mondial.

La grande majorité de l’investissement, qui doit être redirigé vers l’économie verte, devra provenir du secteur financier privé, si les principaux objectifs de développement durable sont réalisés dans les délais nécessaires.

Dans les secteurs de la banque, de l’investissement et de l’assurance, des changements importants dans la philosophie, la culture, la stratégie et l’approche – notamment dans l’écrasante domination du court-termisme – seront nécessaires si le capital et la finance doivent être réaffectés pour accélérer l’émergence d’une économie verte. Dans le même temps, les aspects fondamentaux des systèmes de comptabilité internationale et des disciplines du marché des capitaux, ainsi que notre compréhension de la responsabilité fiduciaire dans les décisions politiques, devront évoluer pour intégrer pleinement un plus large éventail de facteurs ESG et des incitations qui pourraient soutenir la transition vers une économie verte resteront faibles.

Dans le même esprit, lire également : Michel Aglietta et le financement de la croissance soutenable.

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