Selon l’ONG Transparency, corruption et crise économique sont liées en Europe

L’association Transparency International a publié le 6 juin le rapport « Argent, pouvoir et politique : les risques de corruption en Europe » qui conclut qu’aucun État européen ne présente un bilan totalement favorable dans la lutte anticorruption. Pire : le rapport établit des liens entre la corruption et la crise financière actuelle. Bonne nouvelle pour les admirateurs des pays scandinaves : le Danemark, la Norvège et la Suède sont les pays les mieux protégés contre la corruption. La Bulgarie et la Roumanie sont les deux plus mauvais élèves.

Cobus Swardt, directeur de Transparency International, affirme : « en Europe, nombre d’institutions qui caractérisent une démocratie et permettent à un pays de combattre la corruption sont plus faibles que ce que l’on croit. Ce rapport soulève des questions préoccupantes à un moment où l’Europe a besoin d’une culture politique de transparence pour sortir de la crise économique ».

Manque de gardes-fous et dettes publiques

Les trois quarts des citoyens de l’UE considèrent que la corruption est un problème en expansion au sein de celle-ci. Outre le manque de transparence dans la vie politique – la France est le seul pays, avec la Slovénie, où les déclarations de patrimoine et d’intérêts des parlementaires ne sont pas rendues publiques – le rapport souligne les rapports entre corruption et crise économique.

Finn Henirich, directeur de recherche à Transparency International, soutient que « les pays qui ont de faibles garde-fous contre la corruption sont souvent ceux qui ont le plus de problèmes avec leurs dettes publiques à l’heure actuelle. Les organismes d’audit sont particulièrement faibles et manquent souvent d’indépendance vis-à-vis des gouvernements, ce qui veut dire que les responsables publics savent qu’ils peuvent s’en sortir sans respecter totalement les règles ».

Certains  pays  d’Europe  du  Sud  –  l’Espagne,  la  Grèce, l’Italie  et  le Portugal – présentent de sérieuses insuffisances concernant la redevabilité du secteur public ainsi que des problèmes profondément enracinés d’inefficacité, de mauvaises pratiques et de corruption, qui ne sont ni suffisamment contrôlés ni sanctionnés. Les liens entre la corruption et  la  crise  financière  et  budgétaire  actuelle  dans  ces  pays  ne  peuvent  plus  être  ignorés.  La corruption  consiste  ici  souvent  en  des  pratiques  légales  mais  contraires  à  l’éthique,  résultants  de réglementations opaques des activités de lobbying, de trafic d’influence et de pantouflage.

D’importants  risques  de  corruption  existent  dans  la  passation  de  marchés  publics :  les directives  européennes  en  matière de  passation de marchés ont été transposées en  droit interne.  Cependant,  dans  beaucoup  de  pays  européens,  ce  n’est  un  secret  pour  personne  que  ces  règles sont systématiquement et impunément contournées. Les problèmes liés à la passation de marché sont  particulièrement  graves  en  Bulgarie,  en  Italie,  en  République  Tchèque,  en  Roumanie  et  en Slovaquie.

Les principales observations du rapport

– 19 des 25 pays examinés ne possèdent aucun règlement sur les activités de lobbying.

– 15 d’entre eux acceptent les contributions politiques non déclarées.

– 12 pays ne prévoient pas de plafonnement pour les contributions politiques individuelles.

– 17 pays ne disposent pas d’un code de conduite pour les parlementaires.

– 11 pays bloquent l’accès à des informations concernant les biens et les intérêts des politiciens.

– 20 pays bloquent l’accès à des informations publiques.

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