La contrefaçon : une alternative risquée

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La contrefaçon touche la plupart des industries ; l’automobile avec les pneus de voitures, les pièces détachés, l’ameublement avec des copies de meubles de créateurs, les jouets, les cosmétiques, la mode, l’agroalimentaire, les nouvelles technologies avec des téléphones mobile contrefaits, l’industrie du tabac et même les médicaments. Ces produits, qui arrivent illégalement sur les marchés traditionnels ainsi que sur internet,  représentent un véritable manque à gagner pour les fabricants honnêtes qui perdent la main sur leurs produits et leur image de marque.

D’un point de vue sanitaire, les produits contrefaits représentent un danger potentiel pour ses consommateurs. Dans le cas de l’utilisation d’un produit cosmétique, où le produit est en contact direct avec la peau, le risque est très élevé. Les périodes de fêtes, particulièrement celle de Noël connaissent une surcroissance du marché de la contrefaçon quand les consommateurs se ruent sur les jouets « imitations ». Le secteur du bâtiment a eu des sueurs froides en 2013 avec le rappel de milliers d’euros de câbles électriques, de sèches serviettes électriques et de détecteurs de fumée, tous défectueux et présentant des risques graves pour la sécurité des occupants des logements concernés.

Lutter contre la contrefaçon

Face à cette prise de risque sous-estimée par les autorités régulatrices et par les consommateurs, les marques se mobilisent afin de lutter contre ce fléau silencieux qui touche l’ensemble des secteurs. La Fédération de l’industrie horlogère suisse donne l’exemple en traquant les contrefaçons de montres et en faisant de ce problème son cheval de bataille. Le commerce en ligne est connu par tous pour ses aubaines en tout genre. L’ameublement en est une. Et la contrefaçon est une des inquiétudes des éditeurs de meubles. Nous pouvons par exemple trouver des meubles tels le fauteuil dessiné en 1956 par Charles et Ray Eames à 950 euros contre 7900 euros pour une pièce dotée de la certification Vitra qui est officiellement la seule entreprise habilitée à le fabriquer en Europe. Internet est un catalyseur de la contrefaçon et ne fait qu’amplifier les conséquences sur les secteurs qui perdent l’exclusivité sur leurs produits.

Trafic de drogue et contrefaçon

Mis en place en 2013, un programme commun de l’ONUDC avec l’organisation mondiale des douanes et de contrôle des conteneurs (PCC) a été mis en place pour lutter contre le passage des frontières des drogues dissimulées dans des conteneurs. Bien que développée pour la lutte contre les drogues, ce programme a démontré que dans plus d’un tiers des contrôles, des produits contrefaits ont également été interceptés. Les réseaux utilisent donc des modus operandi similaires aux réseaux de trafic de drogue. Soulignons aussi que le trafic des contrefaçons de médicaments, par exemple, est considéré comme plus lucratif et moins risqué que le trafic de drogues pour les trafiquants selon une étude de l’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM).

Ethique et contrefaçon

Comment sont produits les articles de contrefaçon ? L’exploitation des travailleurs qui sont faiblement rémunérés est une autre facette de la contrefaçon. En plus de copier des modèles qui ne sont pas leur propriété intellectuelle et industrielle, les fabricants ont recours à des pratiques réduisant les couts de fabrication : matières premières toxiques ou de mauvaise qualité, travailleurs maltraités, aucuns avantages sociaux, aucun respect de l’environnement parmi d’autres. La qualité des produits présentent des composants qui peuvent gravement nuire à la santé des consommateurs comme le démontre le rapport du laboratoire des douanes françaises de Marseille. En analysant des cigarettes saisies pour contrefaçon, elle a trouvé des crottes de souris dans le tabac. D’un autre point de vue, nous pouvons également mettre en question la volonté du consommateur à avoir une consommation « responsable » face au crime de la contrefaçon. Le prix du produit est très souvent le critère qui influe sur la décision de l’acheteur.

La responsabilité des sites e-commerces

La vente en ligne de produits par les particuliers a connu une explosion de son activité avec sur les dernières années une amplification du phénomène avec des sites comme Ebay et notamment leboncoin qui est devenu le deuxième site sur lequel les Français ont passé le plus de temps après Facebook en 2013. La vente de produits d’occasion est fortement touchée par les contrefaçons. Il est indéniablement très difficile pour les sites de contrôler un à un chaque produit mis en vente sur leur sites ; la modération est faite de façon automatique et implique que très peu d’interventions humaines. La coopération au lieu du contentieux judicaire doit être la solution pour trouver un compromis entre les marques qui souhaitent protéger leurs produits et les sites e-commerce qui souhaitent augmenter leurs chiffres d’affaires.

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