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OPA sur le ballon rond

Les droits de retransmission du football sont une histoire de gros sous. Le conflit qui opposait Canal+ à la chaîne qatarie BeIN Sports témoigne bien des luttes pour la diffusion des matchs français. La justice a rendu son verdict cette semaine ; verdict qui démontre l’importance croissante du marché que représente le sport le plus populaire en France et qui illustre l’internationalisation croissante du football dans l’hexagone.

Le Tribunal de grande instance de Paris a validé, le 28 mars 2014, sa décision de relancer par anticipation la négociation pour les droits de diffusion télévisuelle de la Ligue 1 pour la période 2016-20, allant dans le sens de la Ligue de football professionnel (LNFP). Canal +, le diffuseur historique du championnat français se trouve désormais en concurrence avec la nouvelle chaîne qatarie BeIN Sport.

Une simple « exigence de concurrence » ?

«Le processus de l’appel d’offres va pouvoir se dérouler comme prévu, dans des conditions de concurrence loyales et transparentes pour l’ensemble des candidats. Que le meilleur gagne », a déclaré le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez. Ce dernier était à l’origine du conflit juridique initié par Canal+ qui déposât, le 6 mars, un référé pour suspendre l’opération de mise en concurrence anticipée.

La répartition des droits de diffusions entre les différentes chaînes en France n’est pas un enjeu nouveau. Des cartons rouges furent brandis lorsque BeIN Sport – encore elle – déroba à Canal+ les droits de retransmission de la Ligue des Champions et se partagea avec TF1 certaines retransmissions de l’Euro 2012.

Le traditionnel match du dimanche soir sur Canal+ risque donc de disparaitre sacrifié sur l’autel de la « concurrence libre et non faussée ». S’agit-il de plus de concurrence pour plus de concurrence ? Une simple remise à plat de l’attribution des droits de retransmission pour coller aux exigences libérales ?

Le football comme asset management

Cette remise à plat des droits de retransmission s’insère dans les mutations structurelles qu’a connu le milieu footballistique français ces dernières années. A l’instar du championnat anglais, la Ligue 1 s’est internationalisée et les capitaux étrangers ont progressivement abondés vers les grands clubs. L’image du club franchouillard sponsorisé par les Poulets fermiers de Loué a été driblée par la venue des investisseurs russes et qataris. Faisant jeu égal avec les autres championnats européens, la Ligue 1 s’est restructurée en adoptant les mêmes caractéristiques : stades financés par des firmes, accroissement du nombre de joueurs internationaux, capitaux réguliers, etc.

Le football est ainsi aussi perçu comme un actif financier valorisable dont l’optimisation du rendement passe par l’image du club. Le prestige se construit notamment par les palmarès mais surtout via la constitution d’une image publique : dans cette optique,  le recrutement de stars du ballon rond va de pair avec l’achat de droits de retransmission des matchs. Comme dans de nombreux autres domaines, contrôler l’ensemble des éléments de la chaîne de valeur est un plus. Dans le football, un investisseur qui acquiert un club, rénove le stade – et modifie son nom au passage – et détient les droits de retransmission du championnat possède dès lors un avantage comparatif non négligeable pour optimiser son placement.

La décision du Tribunal de grande instance de Paris vient de confirmer ce mouvement de capitalisation de la Ligue 1 en permettant aux investisseurs étrangers plaçant leurs billes dans le ballon rond de devenir un acteur à part entière de la propriété des clubs à la retransmission des matchs.

Une réflexion sur “ OPA sur le ballon rond ”

  1. Le foot dans la presse c’est « enveloppe de sous de bureau pour la FIFA », « construction de stades douteux », « droits de retransmissions », « cash pour les transferts »…alors que c’est le sport le plus pratiqué en France et que sa licence sportive est la moins cher. « On a beau être du même monde on n’est vraiment pas sur la même planète » comme disait l’autre. Peace

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