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Soyons optimistes : la finance n’est pas qu’irresponsable

Depuis 2008 et la fameuse crise des subprimes, l’économie est largement confondue avec la finance en raison de raccourcis intellectuels, par volonté à peine feinte de confondre le grand public ou par manque de temps dans une société marquée par des informations qui, à peine formulées, sont déjà obsolètes ou oubliées.

Mais soyons optimistes. La finance et les acteurs qui sont investis dans ce secteur de la vie économique, savent aussi être responsables. Nombre d’entre eux, publics, privés, associatifs, s’engagent en promouvant ou réalisant des investissements socialement responsables.

Concilier économie et humanisme est donc possible. Concilier finance et société, finance et environnement, est en effet une activité quotidienne pour des milliers de personnes engagées au profit d’une économie vertueuse.

Qu’est-ce que l’investissement socialement responsable (ISR) ?

L’investissement socialement responsable consiste à investir ou à gérer des actifs en prenant en compte des critères sociaux, éthiques, environnementaux, en plus des critères financiers traditionnels. Autrement dit, le terme, adapté d’un concept anglo-saxon, regroupe les démarches visant à intégrer des critères extra-financiers dans des décisions de placements et la gestion de portefeuilles, c’est-à-dire des critères environnementaux, sociaux, éthiques ou de gouvernance.

Cette pratique peut prendre plusieurs formes :

  1. L’investissement dans des fonds dits d’exclusion, ou « placement éthique » : ces fonds excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains domaines jugés « mauvais » tels que l’industrie du tabac ou l’armement par exemple, mais aussi parfois les OGM ou le nucléaire, jugés mauvais par les détenteurs des actifs.
  2. L’investissement dans des fonds qui tiennent compte de notations sociales et environnementales. Dans les portefeuilles figurent donc les entreprises jugées les plus performantes d’un point de vue développement durable.
  3. L’engagement actionnarial ou activisme actionnarial qui consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte, soit en les interpellant directement, soit par l’exercice des droits de vote en assemblées générales.
  4. L’investissement dans des produits financiers reversant une part de leurs performances à des projets sociaux ou environnementaux, au sens large.

L’ISR est une pratique encore marginale sur les marchés financiers dans leur ensemble, mais elle se développe de plus en plus rapidement.

En Europe, acteurs publics et privés s’allient en matière d’ISR

En France, la Caisse des dépôts est engagée depuis plusieurs années, notamment par le biais de sa filiale Novethic, à la fois média sur le développement durable et centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Acteur public, la Caisse des dépôts soutient aussi l’investissement socialement responsable via des partenariats avec des acteurs du secteur privé, comme le groupe Edmond de Rothschild, et avec un appui de la Banque européenne d’investissement ainsi que d’investisseurs belges. Ces divers acteurs se sont par exemple réunis pour lever un fonds de dépollution dénommé « Ginkgo ».

Le fonds Ginkgo permet la dépollution de friches industrielles. Plus précisément, 7 projets de valorisation immobilière sont conduits, avec « 200 000m2 de droits à construire en négociation », le tout « avec un an d’avance » sur les objectifs, selon le directeur du fonds, Bruno Farber. Concrètement, Ginkgo a permis le recyclage des 10 hectares de la papeterie du Mont-Saint-Guibert, en Belgique. Autrement dit, ce sont des sols souillés par des solvants chlorés, de l’hydrocarbure ou de lourds déchets, qui ont pu être nettoyés et recyclés grâce à l’investissement socialement responsable d’acteurs publics et privés.

Des initiatives existent donc ici et là. Elles permettront peut-être prochainement de libérer la finance de la sombre image qu’elle renvoie au public et orienter les investisseurs dans une dynamique profitable à tous.

Une réflexion sur “ Soyons optimistes : la finance n’est pas qu’irresponsable ”

  1. Je reste optimiste quant aux initiatives responsables mais je reste également persuadé que les requins de la finance n’en ont que faire de l’ISR. Rien n’a changé des la fond depuis 2008.

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