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Reprise économique dans le secteur des biotechnologies françaises

Après une baisse de 12% de l’indice Alys France le mois dernier – indice représentant l’ensemble des sociétés biotechnologiques hexagonales – ces dernières semblent, selon Sacha Pouget du Kalliste Biotech Fund, bénéficier d’un regain d’intérêt pour les investisseurs car « les sociétés innovantes dans le domaine de la santé affichent une capacité de croissance […] au-delà de 20% ».

 Un secteur français proactif…

 Les entreprises de biotechnologies tricolores semblent avoir le vent en poupe,  qu’il s’agisse des projets mis en avant ou des levées de fonds permettant leur financement. Sacha Pouget explique que l’investissement dans ce secteur « reste pertinent » notamment en raison « de l’ampleur des besoins médicaux encore non satisfaits [qui] laisse une marge de progression considérable » car « la France possède en ce domaine un vivier de talents reconnus internationalement » dans ce qui est désormais nommé « les medtechs ».

Parmi les sociétés nationales spécialisées dans l’innovation biotechnologique, une bénéficie d’une actualité florissante largement relayée par les médias : SuperSonic Imagine. Spécialisée dans l’imagerie médicale par ultrason, cette dernière a impressionné les participants à la « Digestive Disease Week », organisée début mai à Chicago, en présentant son échographe Aixplorer. Cette dernière innovation vient par ailleurs d’être mise à disposition du CH d’Aix-en-Provence qui se félicite des « performances » des échographes.

Les sources indiquent que « cette innovation, l’Elastographie ShearWave™, améliore la détection et la caractérisation de multiples pathologies dans de nombreuses applications, notamment le sein, la thyroïde, le foie ou la prostate. Au cours des dernières années, SuperSonic Imagine a bénéficié du soutien de plusieurs investisseurs de premier plan, parmi lesquels Auriga Partners, Edmond de Rothschild Investment Partners, Bpifrance, Omnes Capital », etc.

…qui conquiert des parts de marché grandissants

Outre-Atlantique, cette nouvelle technologie fait des émules comme l’illustre l’accord de trois ans conclu avec la centrale d’achat Resource Optimization & innovation (Roi) visant à « mettre à disposition l’échographe Aixplorer aux 1.500 membres et affiliés de Roi aux États-Unis ». Par ailleurs, l’entreprise a également remporté un marché de 19 machines dans un centre hospitalier de Floride face aux géants General Electric, Philips, Siemens et Toshiba.

Cette ouverture à l’international, couplée aux performances novatrices de ses innovations (l’échographe dispose d’une caméra ultrarapide de 20.000 images seconde contre 200 pour les échographies traditionnelles) fait de cette entreprise une des valeurs montantes de l’innovation biotechnologique mondiale.

 SuperSonic Imagine vise la captation de 7% du marché mondial pour un chiffre d’affaires avoisinant les 500 millions d’euros d’ici une décennie. Jacques Souquet, Président de l’entreprise, explique qu’ « avec les fonds levés en bourse [la dernière en date étant effectuée par un fonds d’investissement du Groupe Edmond de Rothschild en avril dernier pour un montant de 55 millions d’euros] nous allons pouvoir augmenter notre force commerciale, maximiser notre potentiel technologique et développer la gamme de produits avec notamment un système portable ». La Chine est également un objectif prometteur : après avoir ouvert son premier bureau l’année dernière, SuperSonic Imagine en ouvrira deux autres en 2014 car l’Empire du milieu représente déjà 60% des ventes de l’entreprise.

« En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées » qui débouchent sur des innovations biotechnologiques

Soyons optimistes : la finance n’est pas qu’irresponsable

Depuis 2008 et la fameuse crise des subprimes, l’économie est largement confondue avec la finance en raison de raccourcis intellectuels, par volonté à peine feinte de confondre le grand public ou par manque de temps dans une société marquée par des informations qui, à peine formulées, sont déjà obsolètes ou oubliées.

Mais soyons optimistes. La finance et les acteurs qui sont investis dans ce secteur de la vie économique, savent aussi être responsables. Nombre d’entre eux, publics, privés, associatifs, s’engagent en promouvant ou réalisant des investissements socialement responsables.

Concilier économie et humanisme est donc possible. Concilier finance et société, finance et environnement, est en effet une activité quotidienne pour des milliers de personnes engagées au profit d’une économie vertueuse.

Qu’est-ce que l’investissement socialement responsable (ISR) ?

L’investissement socialement responsable consiste à investir ou à gérer des actifs en prenant en compte des critères sociaux, éthiques, environnementaux, en plus des critères financiers traditionnels. Autrement dit, le terme, adapté d’un concept anglo-saxon, regroupe les démarches visant à intégrer des critères extra-financiers dans des décisions de placements et la gestion de portefeuilles, c’est-à-dire des critères environnementaux, sociaux, éthiques ou de gouvernance.

Cette pratique peut prendre plusieurs formes :

  1. L’investissement dans des fonds dits d’exclusion, ou « placement éthique » : ces fonds excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains domaines jugés « mauvais » tels que l’industrie du tabac ou l’armement par exemple, mais aussi parfois les OGM ou le nucléaire, jugés mauvais par les détenteurs des actifs.
  2. L’investissement dans des fonds qui tiennent compte de notations sociales et environnementales. Dans les portefeuilles figurent donc les entreprises jugées les plus performantes d’un point de vue développement durable.
  3. L’engagement actionnarial ou activisme actionnarial qui consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte, soit en les interpellant directement, soit par l’exercice des droits de vote en assemblées générales.
  4. L’investissement dans des produits financiers reversant une part de leurs performances à des projets sociaux ou environnementaux, au sens large.

L’ISR est une pratique encore marginale sur les marchés financiers dans leur ensemble, mais elle se développe de plus en plus rapidement.

En Europe, acteurs publics et privés s’allient en matière d’ISR

En France, la Caisse des dépôts est engagée depuis plusieurs années, notamment par le biais de sa filiale Novethic, à la fois média sur le développement durable et centre de recherche sur l’Investissement Socialement Responsable (ISR) et la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE).

Acteur public, la Caisse des dépôts soutient aussi l’investissement socialement responsable via des partenariats avec des acteurs du secteur privé, comme le groupe Edmond de Rothschild, et avec un appui de la Banque européenne d’investissement ainsi que d’investisseurs belges. Ces divers acteurs se sont par exemple réunis pour lever un fonds de dépollution dénommé « Ginkgo ».

Le fonds Ginkgo permet la dépollution de friches industrielles. Plus précisément, 7 projets de valorisation immobilière sont conduits, avec « 200 000m2 de droits à construire en négociation », le tout « avec un an d’avance » sur les objectifs, selon le directeur du fonds, Bruno Farber. Concrètement, Ginkgo a permis le recyclage des 10 hectares de la papeterie du Mont-Saint-Guibert, en Belgique. Autrement dit, ce sont des sols souillés par des solvants chlorés, de l’hydrocarbure ou de lourds déchets, qui ont pu être nettoyés et recyclés grâce à l’investissement socialement responsable d’acteurs publics et privés.

Des initiatives existent donc ici et là. Elles permettront peut-être prochainement de libérer la finance de la sombre image qu’elle renvoie au public et orienter les investisseurs dans une dynamique profitable à tous.

2017 : mort annoncée des paradis fiscaux

 

 

Après d’intenses négociations diplomatiques, la Suisse et Singapour ont signé une déclaration officielle selon laquelle les deux pays s’engagent à se rallier au mode d’échange automatique de renseignements bancaires, à l’issue d’une réunion ministérielle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) le 6 mai 2014. Cet accord, signé par 44 pays dont les membres de l’OCDE et l’ensemble les pays du G20, est un évènement dans l’histoire économique contemporaine.

En effet, ces accords remplaceront à partir de 2017 les accords actuels, qui prévoyaient que la transmission de données bancaires ne s’effectuait qu’en cas d’enquête du FISC ou de la justice, fonctionnant de gré à gré de l’Etat interrogé.

Pourquoi ce revirement ?

Une ouverture avait d’ores et déjà été faite par les Etats-Unis suite à la divulgation de noms de 4450 titulaires de comptes américains soupçonnés d’évasion fiscale en Suisse par la banque UBS ( qui a payé 780 millions de dollars d’amende au FISC américain), décision historique très vite soutenue par le « G5 » européen (France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie) soutenue entraînant une évolution non négligeable de la notion du secret bancaire chez les Helvètes. Par ailleurs, le Crédit Suisse avait également accepté de divulguer les noms de ses clients français détenteurs de titres boursiers et d’un compte en Suisse, par peur de représailles de l’hexagone.

Les révélations d’Offshore Leaks en 2013, les grandes affaires de fraude, dont l’affaire Cahuzac en France, ont aidé à accentuer cette volonté.

Plus récemment, la Suisse avait essuyé le refus de l’Allemagne, concernant un accord qui visait à protéger l’anonymat des fraudeurs fiscaux allemands, malgré que l’Angleterre et l’Italie aient accepté la proposition.

Ce sont donc les menaces et pressions diplomatiques qui auraient permis l’évolution et la négociation avec ces paradis fiscaux. On peut supposer que Singapour a signé l’accord, de peur d’être le prochain sur la liste.

Cette annonce est donc un tournant.  Ce mécanisme, proposé par l’OCDE au G20 en février dernier, , fera en sorte qu’un exilé fiscal ne puisse techniquement plus se cacher. Un exilé fiscal aura donc peu de chances de s’échapper, car d’autres pays tels que l’Autriche, la Malaisie, l’Arabie Saoudite mais aussi les îles Caïmans et Jersey  se sont également engagés. La pression se tourne désormais vers les rares récalcitrants, comme Panama et Dubaï, qui s’exposent actuellement à de fortes pressions diplomatiques et à l’avenir à des sanctions.

L’annonce est donc bel et bien un tournant.

Si c’est capitaux ne pouvaient plus échapper aux différents fiscs, cela serait une aubaine en temps de crise. Une étude publiée par The Guardian le 21 juillet 2012 montrait que la fuite des capitaux des pays en développement depuis les années 1970 aurait permis de rembourser l’ensemble leurs dettes à l’égard du reste du monde, ce qui permet aux gouvernement européens d’espérer rapatrier plusieurs milliards d’euro, même si plusieurs pays ont déjà proposé des mesures clémentes à l’égard des fraudeurs.

La mort annoncée des paradis fiscaux est peut-être bel et bien engagée.

OPA sur le ballon rond

Les droits de retransmission du football sont une histoire de gros sous. Le conflit qui opposait Canal+ à la chaîne qatarie BeIN Sports témoigne bien des luttes pour la diffusion des matchs français. La justice a rendu son verdict cette semaine ; verdict qui démontre l’importance croissante du marché que représente le sport le plus populaire en France et qui illustre l’internationalisation croissante du football dans l’hexagone.

Le Tribunal de grande instance de Paris a validé, le 28 mars 2014, sa décision de relancer par anticipation la négociation pour les droits de diffusion télévisuelle de la Ligue 1 pour la période 2016-20, allant dans le sens de la Ligue de football professionnel (LNFP). Canal +, le diffuseur historique du championnat français se trouve désormais en concurrence avec la nouvelle chaîne qatarie BeIN Sport.

Une simple « exigence de concurrence » ?

«Le processus de l’appel d’offres va pouvoir se dérouler comme prévu, dans des conditions de concurrence loyales et transparentes pour l’ensemble des candidats. Que le meilleur gagne », a déclaré le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez. Ce dernier était à l’origine du conflit juridique initié par Canal+ qui déposât, le 6 mars, un référé pour suspendre l’opération de mise en concurrence anticipée.

La répartition des droits de diffusions entre les différentes chaînes en France n’est pas un enjeu nouveau. Des cartons rouges furent brandis lorsque BeIN Sport – encore elle – déroba à Canal+ les droits de retransmission de la Ligue des Champions et se partagea avec TF1 certaines retransmissions de l’Euro 2012.

Le traditionnel match du dimanche soir sur Canal+ risque donc de disparaitre sacrifié sur l’autel de la « concurrence libre et non faussée ». S’agit-il de plus de concurrence pour plus de concurrence ? Une simple remise à plat de l’attribution des droits de retransmission pour coller aux exigences libérales ?

Le football comme asset management

Cette remise à plat des droits de retransmission s’insère dans les mutations structurelles qu’a connu le milieu footballistique français ces dernières années. A l’instar du championnat anglais, la Ligue 1 s’est internationalisée et les capitaux étrangers ont progressivement abondés vers les grands clubs. L’image du club franchouillard sponsorisé par les Poulets fermiers de Loué a été driblée par la venue des investisseurs russes et qataris. Faisant jeu égal avec les autres championnats européens, la Ligue 1 s’est restructurée en adoptant les mêmes caractéristiques : stades financés par des firmes, accroissement du nombre de joueurs internationaux, capitaux réguliers, etc.

Le football est ainsi aussi perçu comme un actif financier valorisable dont l’optimisation du rendement passe par l’image du club. Le prestige se construit notamment par les palmarès mais surtout via la constitution d’une image publique : dans cette optique,  le recrutement de stars du ballon rond va de pair avec l’achat de droits de retransmission des matchs. Comme dans de nombreux autres domaines, contrôler l’ensemble des éléments de la chaîne de valeur est un plus. Dans le football, un investisseur qui acquiert un club, rénove le stade – et modifie son nom au passage – et détient les droits de retransmission du championnat possède dès lors un avantage comparatif non négligeable pour optimiser son placement.

La décision du Tribunal de grande instance de Paris vient de confirmer ce mouvement de capitalisation de la Ligue 1 en permettant aux investisseurs étrangers plaçant leurs billes dans le ballon rond de devenir un acteur à part entière de la propriété des clubs à la retransmission des matchs.

Union bancaire : capitaliser sur son avancée

Il y a quelques jours, nous pouvions que le processus de création de l’Union bancaire était entravé par de difficiles négociations. Les ministres européens des Finances affichent pourtant une volonté de parvenir à un compromis avec le Parlement européen avant les élections européennes. L’occasion ici de rappeler que celles-ci se dérouleront entre le 22 et le 25 mai 2014 dans les 28 Etats membres de l’Union européenne. Les citoyens éliront alors les 751 députés qui les représenteront jusqu’en 2019.

L’Union bancaire vise à éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en une crise de la dette au sein de la zone euro. Cette Union se compose de plusieurs mécanismes complexes et complémentaires. Les quatre grands piliers sont la « supervision », la « liquidation », le « renflouement interne » et la « garantie des dépôts » des institutions financières.

Parmi les points d’achoppement figure le futur fonds de résolution qui sera utilisé en cas de faillite bancaire et sera abondé par le secteur financier. D’un côté, les ministres envisagent la création d’un fonds qui devrait atteindre environ 55 milliards d’euros en 10 ans, avec une « mutualisation progressive » ; de l’autre côté, le Parlement estime que dix ans est une période trop longue et plusieurs pays seraient prêts à une mutualisation en cinq ans.

Certains aspects techniques sont au centre des discussions, notamment en ce qui concerne « la possibilité que le fonds emprunte sur les marchés » comme l’a suggéré le Banque Centrale Européenne pour démultiplier les moyens financiers. La gouvernance du mécanisme est également au centre des débats, notamment en ce qui concerne le rôle de pays hors zone euros. Sur ce dernier point, certains redoutent que le traité intergouvernemental obtenu par l’Allemagne au mois de décembre visant à encadrer le fonds mutualisé de résolutions des crises bancaires fasse de la concurrence aux institutions européennes et favorisent l’Allemagne.

Le secteur financier devrait capitaliser sur les avancées de l’Union bancaire

Le secteur financier devrait capitaliser sur les avancées de l’Union bancaire au cours de l’année 2014, estiment les experts. Le fonds « Tricolore Rendement » chez Edmond de Rothschild Asset Management, qui a fêté ses 15 ans avec « 9,1% de performance annualisée » et un encours de « 1,6 milliard d’euros », considéré comme une « bonne performance », maintient à ce titre son intérêt pour le secteur financier.

Les gérants du fonds avancent que, dans un environnement de croissance faible et de taux nominaux longs qui devraient rester à un bas niveau, « le rendement du marché action de la zone Euro devrait redevenir attractif, notamment sur les valeurs domestiques décotées ou sur les valeurs distribuant des dividendes en croissance régulière ».

Le site spécialisé H24finance.com prévoie d’ailleurs de « belles surprises » à venir en 2014 pour Tricolore Rendement, soulignant qu’il a signé une « performance de 273,4% » depuis sa création.

L’Union bancaire, dont la finalisation n’est qu’une question de temps, devrait bénéficier au secteur financier créant par la même occasion des opportunités d’investissement intéressantes notamment à travers le fonds Tricolore Rendement, dont le retour à l’actionnaire est salué.

Union Européenne : vers quelle Union bancaire ?

Drapeau de l'Union européenne
Drapeau de l’Union européenne

Le 18 décembre 2013, les ministres des Finances ont signé un accord sur l’Union bancaire. La crise de 2008 a montré les limites de la zone euro. La crise bancaire est devenue une crise de la dette car ce sont les Etats qui ont renfloué les banques en faillite.

Après le sommet de décembre 2012, les Etats membres se sont mis d’accord sur un programme de mesures visant à renforcer l’union monétaire qui comporte quatre axes : la supervision centralisée des établissements financiers par la Banque centrale européenne, le renflouement interne, la garantie des dépôts, la liquidation des banques. Deux approches s’opposent : l’approche intergouvernementale allemande et l’approche supranationale française. Quels sont les apports de l’accord sur l’union bancaire ?

300 établissements financiers supervisés par la Banque centrale européenne : Vers une gouvernance supranationale ?

La Banque centrale européenne va créer un conseil de supervision dirigé par la Française Danièle Nouy. Ce conseil de supervision est chargé d’évaluer le bilan des banques et de les soumettre à des tests de résistance. En effet, le conseil de supervision de la BCE veut évaluer la situation et les besoins de financement des banques de la zone euro et des banques transfrontalières qu’elle supervisera. Le conseil fera un premier bilan à l’automne 2014. A l’origine, la France voulait que la Banque centrale européenne puisse superviser 6 000 établissements bancaires, moyennes et petites banques incluses. L’Allemagne a réussi à préserver ses établissements financiers régionaux.

Le mécanisme de résolution unique : une gouvernance intergouvernementale ?

100 000 euros de dépôts garantis pour les épargnants

Désormais en cas de faillite d’une banque, s’appliquera le renflouement interne, autrement dit ce seront les actionnaires et les créditeurs qui devront couvrir au minimum  8% des pertes de la banque. Des fonds de résolution seront mis en place par chaque Etat membre. Ceux-ci garantiront les dépôts des épargnants jusqu’à 100 000 euros.

Formé de cinq membres nommés par les Etats, un conseil de résolution sera créé en 2016. Il sera chargé de décider de la recapitalisation d’une banque ou d’une liquidation de celle-ci. L’Allemagne a obtenu que ce soit le Conseil des ministres des finances qui ait la décision finale alors que la France était plutôt favorable à ce que ce soit la Commission européenne qui décide.

Un fonds unique de résolution de 60 milliards d’euros en 2026

En cas de faillite, un fonds de résolution provenant du secteur bancaire permettra d’organiser la faillite d’une banque ou de la restructurer. L’Allemagne a obtenu que ce fonds de résolution soit fondé sur un traité intergouvernemental. En 2016, ce mécanisme s’appliquera à près de 300 banques de la zone euro. Il faudra attendre 2026 pour qu’un fonds unique de résolution de 60 milliards d’euros soit disponible et qu’ainsi une mutualisation européenne du risque bancaire soit une réalité. Ce fonds paraît insuffisant quand on sait que la France a dû renflouer ses banques à hauteur de 413 milliards d’euros après la crise de 2008. De plus, il ne s’agit pas de prévenir les faillites bancaires. En effet, la séparation des activités de dépôts et d’investissements des banques n’a pas été abordée dans la réforme. Michel Barnier, commissaire européen, propose une solution intermédiaire. Ainsi les 30 plus grandes banques européennes devront  séparer sous forme de filiales les activités de dépôts et les activités de spéculation.

Finalement, cette réforme bancaire européenne ne pourra être adoptée sans l’aval du Parlement. Ce dernier milite pour une approche supranationale de l’union bancaire. Le projet de l’Union bancaire sera l’un des enjeux des prochaines élections européennes et son adoption ne devrait pas être décidée avant cette échéance imminente. L’accord sur l’union bancaire européenne n’est qu’une première étape vers une véritable union bancaire.

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Infrastructures : la finance au service du bien commun ?

infrastructures 2Parfois décriée comme non-productive et prédatrice, la finance possède pourtant un visage plus clément, celui de la finance utile. L’histoire de la finance utile, c’est par exemple celle de Mayer Amschel Rothschild qui, né en 1744, connut le succès en offrant à ses clients transactions obligataires, opérations boursières et conseils en placement en plus du service de change qui était sa spécialité.

C’est l’histoire du successeur de Nathan Rothschild, Lionel de Rothschild qui, en 1876, permit au gouvernement anglais de Benjamin Disraeli d’acquérir, par un prêt de £4.000.000, l’achat des 176,602 parts du Canal de Suez que le Khédive d’Egypte, en banqueroute totale, ne pouvait plus assumer. Assurant par la même occasion la maintenance des routes de transport vers les Indes et, plus largement, la poursuite de l’industrialisation de l’Angleterre victorienne.

C’est l’histoire de la « ville de l’or noir », Baku, qui a vu les familles Rothschild et Nobel tour à tour s’affronter et coopérer pour le développement de la plus fameuse des cités pétrolières au monde. C’est ici en effet que les Nobel développèrent un appareil d’extraction massif représentant jusqu’à l’équivalent de 80% des extractions américaines de Standard Oil et que la famille Rothschild développa les transports adéquats à l’acheminement de la ressource vers le Vieux Continent : chemins de fer, raffinerie de Trieste, premiers tankers pétroliers avec les précurseurs de Royal Dutch Shell…

C’est également l’histoire de James de Rothschild, le modèle de Balzac pour son fameux baron de Nucingen et l’un des plus célèbres et minutieux bibliophiles de l’histoire. Son établissement, star des banques parisiennes, pratiqua en effet la « banque industrielle en multipliant les prêts aux entreprises » afin de leur permettre d’accroître leurs activités dans un contexte de développement frénétique des infrastructures dans l’Hexagone. James de Rothschild prit un goût particulier pour les investissements liés aux chemins de fer et s’y engagea notamment en créant les Chemins de fer du Nord qui devint rapidement une des principales entités ferroviaires françaises (ce fut l’une des principales composantes de l’actuelle SNCF). L’homme fit figure de véritable « pionnier » du chemin de fer français et établit un modèle qui s’imposera très vite comme étant le plus rentable du pays. Il s’aventura également, aux côtés de la Société générale, dans la construction du Canal de jonction de la Sambre à l’Oise, long de plus de 70 kilomètres et servant à acheminer le charbon de Charleroi aux Parisiens.

C’est enfin l’histoire actuelle du groupe Edmond de Rothschild et de sa filiale Edmond de Rothschild Asset Management qui, au travers du fonds Infrasphère, perpétuent la tradition d’investissement dans les grandes infrastructures. Loin des idées reçues donc, le fonds géré par Emmanuel Painchault et Raphaël Dubois ancre les capitaux dans l’économie réelle et concrète sans pour autant sacrifier la bonne performance sur l’autel de l’éthique puisque le secteur –certes défensif- est « peu cyclique » et possède une excellente visibilité avec des contrats signés sur de longues périodes dans un contexte marqué par de réels besoins étatiques aussi bien dans une Europe vieillissante que dans une Asie émergente.

Plus récemment, le Groupe a lancé l’initiative BRIDGE (Benjamin de Rothschild Infrastructure Debt Generation) avec pour ambition de constituer dans un premier temps un portefeuille d’un milliard d’euros. L’initiative permettra un accès à un pipeline nourri et diversifié d’opérations de dettes sur les actifs d’infrastructures en Europe.

Peu volatile donc, le secteur des infrastructures n’en est pas moins central pour le développement économique, comme l’expliquait Christophe de Backer, CEO du Groupe Edmond de Rothschild, dans une tribune parue dans le quotidien Les Echos en 2012. L’économie des infrastructures, « fortement créatrice d’emplois » et qui « favorise la productivité » représenterait un besoin de « 2.000 milliards de dollars » en Europe à l’horizon 2020. Le fonds Infrasphère illustre le fait que les financiers, stigmatisés après la crise financière, sont une partie de la solution et non nécessairement à l’origine du problème dans la mesure où les collectivités n’ont pas les moyens de s’offrir des infrastructures sur fonds propres et où les banques, contraintes par la législation, « ne sont plus en mesure de mobiliser les investissements requis ».

La finance dématérialisée, informatisée et instantanée n’est pas encore tout à fait d’actualité. Néanmoins, grâce aux actions de groupes comme le Groupe Edmond de Rothschild, il n’est pas impossible que la société se réconcilie avec cet acteur indispensable et bénéfique qu’est le secteur financier.

Sources : Letemps.ch, shell.com, le-bibliomane.blogspot.fr, classes.bnf.fr, capital.fr