Un euro plus faible ? Un des moyens/moteurs de la croissance française de demain

Le choix politique que font certains, à savoir argumenter sur le fait qu’un euro « faible » situé entre 1,15 et 1,30 dollar pour un euro, serait particulièrement bénéfique pour la compétitivité européenne. D’autres vont plus loin en professant une fin de l’euro : opinion largement partagée par une partie des citoyens européens et français, que les élections  européennes de Mai prochain ne feront malheureusement que constater. Cette opinion est  sans doute économique, au regard des difficultés économiques que la France connaît actuellement. Opinion sans équivoque politique, liée aux technocrates de Bruxelles et la Banque Centrale Européenne, bouc émissaire des maux européens et nationaux.

Le constat s’impose :

Selon les déclarations de Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, dans une interview parue le 14 avril dans le Figaro : « l’euro est anormalement fort compte tenu de la position de la zone euro dans le cycle économique et de son retard dans la reprise de la croissance par rapport à d’autres ». Ajoutons également la déclaration de Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne, qui a fait pression pour que la BCE agisse sur les marchés, pour faire baisser le taux de l’euro. Arnaud de Montebourg et Marine Le Pen, à l’unisson sur ce thème, n’auraient-ils pas tout à fait tort ?
Oui, mais pour de mauvaises raisons.
L’actuel ministre fait la guerre à Bruxelles, invectivant la capitale belge dès qu’une opportunité se présente, dans un souci de politique intérieure.
La candidate Front National aux élections présidentielles de 2012 prétexte un euro trop fort au service d’une oligarchie européenne trop puissante. Il faudrait alors l’abandonner et revenir au franc, dévaluer massivement la monnaie et regagner de la compétitivité (mais augmenter mécaniquement le niveau de la dette avec ladite dévaluation).

Une baisse de l’euro serait profitable à la France

Il y a trois moyens de penser ce phénomène  selon Agnès Benassy-Quéré, professeur à l’université Paris 1, présidente du Conseil d’Analyse Economique.

Si l’on reconstitue l’euro depuis les années 60, la monnaie apparaît légèrement surévaluée, mais sans que cela soit préoccupant.
Le second moyen est d’envisager l’excédent à l’exportation. Rien de bien inquiétant ici car l’UE est excédentaire avec 2,8% du PIB en 2013, tandis que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni sont toujours déficitaires pour la même période.
Enfin, la troisième  variable est celle de la reprise économique. L’UE a aujourd’hui une faible reprise de son activité économique conjuguée à une très faible inflation. C’est ce dernier point qui est particulièrement intéressant.

L’euro oscille à la manière d’un métronome : entre 1,36 et 1,40 dollar pour un euro. Autour d’1,40, les entreprises estiment que nous arrivons à une « zone de stress » entraînant la fragilité de l’ensemble du secteur entrepreneurial, autrement dit un frein majeur à la compétitivité des entreprises. Ce taux est discutable, car il ne reflète pas un niveau stable et général, mais doit s’apprécier en fonction des diverses économies de l’UE, pour le moins de la zone euro.

A titre d’exemple, l’Allemagne, avec un secteur industriel développé et  haut de gamme, peut résister sans trop de difficultés à un euro très élevé. Cependant, il faudra peut-être rediscuter ce point une fois que le salaire minimum sera à 8,5 euro/heure… (Prévu pour la rentrée 2014).

La France, avec des produits sur le marché qui ont une moindre valeur ajoutée, ne peut s’organiser avec un euro qui oscille dans de telles proportions. Les seuls pans de l’industrie qui résistent encore sont les secteurs de la pharmacologie, l’aéronautique ou encore le luxe. Des produits avec une très haute valeur ajoutée.

En quoi un euro plus faible aiderait le dynamisme économique français ?

Selon les estimations d’Agnès Benassy-Quéré, une baisse de 10 % de l’euro conduirait à une hausse temporaire des exportations françaises hors zone euro de 7 à 8 %, à modérer avec une hausse des importations de l’ordre de 3% (sinon il faudrait que les industriels français s’équipent avec des biens Made In France, ce qui est impossible).
En résumé, les produits français seraient plus compétitifs à l’étranger, car environ 10% moins chers.
Cela aiderait par exemple à doper l’exportation de véhicules automobiles à l’étranger, au lieu de subventionner et doper la consommation des ménages (exemple la prime à la casse).
Plus généralement, un euro 10 % plus faible aiderait en interne les entreprises à accéder au crédit à des taux avantageux et raisonnables.

L’avantage de baisser l’euro se révèlera au niveau des exportations, ou un gain de compétitivité de 10% stimulera le dynamisme des exportations. Cela s’appliquerait également aux grandes entreprises du CAC 40, qui est gagnant par un simple mécanisme d’effets de change.
Les perdants d’une baisse de l’euro seraient les importations. Les entreprises voient augmenter tout ce qui est calculé en dollar. L’exemple le plus significatif serait en ce sens le prix du baril de pétrole, qui coûterait bien plus cher. Les compagnies aériennes, qui vendent leur billet en euro et achètent le pétrole en dollar, seraient fortement pénalisées.

Le changement est-il pour maintenant ?

Les déclarations de Christian Noyer et Mario Draghi ont-elles des chances de se réaliser à court terme ? Cela apparaît peu probable.

En effet, la BCE hésite à intervenir. Elle dispose, malgré un taux d’intérêt directeur très faible, de plusieurs leviers d’actions. Avec une politique volontariste, elle pourrait lancer une campagne de refinancement des banques à long terme (5 ans minimum), et ainsi intervenir sur le marché des petites et moyennes entreprises (PME) afin de stimuler l’entreprenariat par le crédit. Cela permettrait également de baisser temporairement l’euro, ce qui stimulerait l’activité à l’exportation.

La BCE hésite cependant à intervenir pour deux raisons. La première est que son objectif premier est de maintenir l’inflation. La seconde est qu’une intervention pourrait avoir des effets contreproductifs, qui pourraient freiner la relance de l’économie européenne.

Enfin, précisons que l’opinion publique allemande est très divisée sur ce point. La cour constitutionnelle de Karlshrue a précisé récemment que le meilleur moyen  d’obtenir un relâchement de la politique monétaire, et donc une baisse de l’euro, était de rappeler que la BCE doit rester indépendante et veiller à la stabilité des prix.

Le changement n’est à priori pas pour maintenant.

Le rapport du Giec sonnera-t-il l’alarme un an avant la conférence internationale sur le climat à Paris en 2015 ?

Le dernier traité international favorisant la lutte contre le réchauffement climatique date déjà de 1997. Les conférences suivantes dont celle de Copenhague en 2009 et de Varsovie en 2013 se sont soldées par des échecs. Alors qu’une nouvelle conférence est prévue l’an prochain à Paris, aucun accord contraignant n’a été trouvé. C’est dans ce contexte, que le Giec publie le deuxième volet de son rapport donnant des prévisions alarmantes sur le réchauffement climatique qui commence déjà à avoir un impact sur nos sociétés.

Le rapport du Giec démontre une « incertitude catastrophique »

Les experts du Giec prévoient une hausse de la température globale de 4°C d’ici la fin du siècle. Une telle augmentation entraînerait une hausse moyenne du niveau de la mer de 30 cm à 1 mètres selon ses estimations aggravant les risques d’inondations en zone côtière et sur les basses terres. Face à ces risques le Giec préconise de restaurer des zones humides qui serviraient de zone tampon en cas d’inondation. D’autres solutions envisagées par un météorologue français, Eric Martin seraient d’ouvrir des zones d’expansion des crues ou encore d’ouvrir des bassins servant à stocker temporairement les surplus hydriques.

Par ailleurs, les épisodes de sécheresse se multiplieront selon le Giec. Le rapport prévoit une baisse des rendements agricoles de 2% par décennie à cause d’une dégradation de la qualité de l’eau due à une réduction significative des eaux de surface et souterraines. Les pénuries d’eau toucheront principalement les pays de l’hémisphère Sud en Afrique, en Asie et dans le Sud de l’Australie. Certaines régions de l’hémisphère Nord ne seront pas épargnées comme le Sud de l’Europe et l’Amérique du Nord.

Insécurité alimentaire et croissance en berne

Une augmentation de la température globale de 2°C par rapport aux niveaux de la fin du XXème siècle, selon un scénario plus optimiste du Giec affecterait tout de même la production de blé de maïs et de riz, rendant difficile l’accès aux ressources et mettant en péril la stabilité des prix des denrées qui grimperaient en flèche. Ces difficultés d’accès à la nourriture conjuguées à des pénuries d’eau  accroitront  la fréquence des conflits et le volume des migrations Une étude américaine estime que pour chaque augmentation de 1° de la température, le nombre des conflits augmentera de 14%.

Enfin, la croissance économique ralentira. Si le scénario d’une augmentation de 2° de la température globale se produit, le Giec prévoit une perte d’entre 0,2% et 2% des revenus annuels mondiaux. La pauvreté augmentera dans les pays en développement et des poches de pauvreté apparaitront dans des pays déjà marqués par de très fortes inégalités.

Le troisième volet du 5ème rapport est attendu pour mi-avril 2014 mais le pessimisme est de mise concernant la conférence de Paris de 2015 qui devrait aboutir à « quelques timides avancées sur quelques dossiers techniques » selon Martin Beniston, le co-président du groupe « Impacts Climatiques » du Giec dans les années 1990 et actuel directeur de l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université de Genève. D’après ce dernier, l’Europe et les Etats-Unis seront plus préoccupés par la reprise de leur croissance après une grave crise économique, le court terme, que par les problématiques environnementales, le long terme.

terraeco.net, franceinfo.fr, latribune.fr, www.lemonde.fr

La Pologne entre néolibéralisme et crise économique : la situation des fonds de pension

A la lumière de la crise économique que traverse l’Union Européenne depuis la crise des sub-primes de 2008, la Pologne fait figure de bon élève. Dans la décénnie à venir,  le pays sera probablement la troisième puissance économique du continent. Ce « mythe polonais » s’explique par la très bonne adaptation du pays aux enjeux liés à la mondialisation. Ces vingt dernières années, par un modèle néolibéral adapté à la concurrence internationale, la Pologne s’est considérablement développée. Les gouvernements succéssifs de Varsovie ont fortement appuyé les réformes concernant les dérégulations, les soutiens aux investisseurs étrangers et les privatisations. De plus, depuis son intégration à l’Union Européenne en 2004, le pays jouit de 4,5 milliards d’euros de subventions européennes (montant susceptible d’augmenter, notamment avec la renégociation des accords de la Politique Agricole Commune). En ce sens, la réforme de 1999 a introduit la privatisation complète du système de sécurité sociale, reposant sur trois pilliers : le fond public ZUS, les fond de pensions privés OFE et les systèmes de retraites dits volontaires (par exemple, au niveau de l’entreprise ou des corporations)[i]. Cependant, au mois de novembre 2013, le gouvernement polonais a annoncé la nationalisation partielle du système de santé [ii]. Pourquoi aller à l’encontre d’une stratégie économique globale  vieille de deux décénnies ?

L’enjeu est essentiellement lié aux problèmes de déficit économique que connaît le pays. Une nationalisation permetterait d’abaisser le niveau de sa dette publique de 8%, de 58 à un peu moins de 50% du produit intérieur brut. Cette réforme clé pour le pays éviterait des coupes automatiques dans le budget, prévus par la constitution en cas de déficit supérieur à 55% du PIB[iii]. Cela aiderait également  l’Etat polonais à emprunter  à moindre coût sur les marchés. Le principe de ce système est le suivant : l’Etat transfère les bonds du trésor détenus par des fonds privés vers la sécurité sociale (ZUS), puis il les annule, générant un bénéfice total de 65 milliards d’euros (équivalent au budget 2014 français pour l’éducation nationale). Ces parts correspondant à 51,5% des avoirs totaux. Les 48,5 % restant continueront d’êtres administrés et gérés par des fonds privés. Autrement dit, les Polonais avaient le choix  d’opter pour  un régime de sécurité sociale privé ou public. L’immense majorité a choisi le public, bien plus intéressant économiquement et en termes de prestations sociales. Les pensions polonaises seront donc payées par l’Etat à partir du mois de juillet prochain.

Ce système est donc très éfficace à court terme ; mais se heurte  à deux problèmes majeurs. Le risque national est simple, la cour constitutionelle polonaise pourrait déclarer la réforme anticonstitutionelle. Mais beaucoup parmis les constitutionnalistes estiment que le texte ne sera retoqué qu’à la marge (donc quelques semaines de perdus). A l’international, le risque est plus important, lié aux risques de spéculations si les fonds de pensions ne peuvent plus investir dans le système de santé polonais[iv].

Ce cas n’est pas isolé. Le cas de la Pologne s’inspire largement de l’exemple hongrois datant de 2010[v], avec des résultats mitigés. Le Portugal envisage également de recourrir au même procédé.


OPA sur le ballon rond

Les droits de retransmission du football sont une histoire de gros sous. Le conflit qui opposait Canal+ à la chaîne qatarie BeIN Sports témoigne bien des luttes pour la diffusion des matchs français. La justice a rendu son verdict cette semaine ; verdict qui démontre l’importance croissante du marché que représente le sport le plus populaire en France et qui illustre l’internationalisation croissante du football dans l’hexagone.

Le Tribunal de grande instance de Paris a validé, le 28 mars 2014, sa décision de relancer par anticipation la négociation pour les droits de diffusion télévisuelle de la Ligue 1 pour la période 2016-20, allant dans le sens de la Ligue de football professionnel (LNFP). Canal +, le diffuseur historique du championnat français se trouve désormais en concurrence avec la nouvelle chaîne qatarie BeIN Sport.

Une simple « exigence de concurrence » ?

«Le processus de l’appel d’offres va pouvoir se dérouler comme prévu, dans des conditions de concurrence loyales et transparentes pour l’ensemble des candidats. Que le meilleur gagne », a déclaré le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez. Ce dernier était à l’origine du conflit juridique initié par Canal+ qui déposât, le 6 mars, un référé pour suspendre l’opération de mise en concurrence anticipée.

La répartition des droits de diffusions entre les différentes chaînes en France n’est pas un enjeu nouveau. Des cartons rouges furent brandis lorsque BeIN Sport – encore elle – déroba à Canal+ les droits de retransmission de la Ligue des Champions et se partagea avec TF1 certaines retransmissions de l’Euro 2012.

Le traditionnel match du dimanche soir sur Canal+ risque donc de disparaitre sacrifié sur l’autel de la « concurrence libre et non faussée ». S’agit-il de plus de concurrence pour plus de concurrence ? Une simple remise à plat de l’attribution des droits de retransmission pour coller aux exigences libérales ?

Le football comme asset management

Cette remise à plat des droits de retransmission s’insère dans les mutations structurelles qu’a connu le milieu footballistique français ces dernières années. A l’instar du championnat anglais, la Ligue 1 s’est internationalisée et les capitaux étrangers ont progressivement abondés vers les grands clubs. L’image du club franchouillard sponsorisé par les Poulets fermiers de Loué a été driblée par la venue des investisseurs russes et qataris. Faisant jeu égal avec les autres championnats européens, la Ligue 1 s’est restructurée en adoptant les mêmes caractéristiques : stades financés par des firmes, accroissement du nombre de joueurs internationaux, capitaux réguliers, etc.

Le football est ainsi aussi perçu comme un actif financier valorisable dont l’optimisation du rendement passe par l’image du club. Le prestige se construit notamment par les palmarès mais surtout via la constitution d’une image publique : dans cette optique,  le recrutement de stars du ballon rond va de pair avec l’achat de droits de retransmission des matchs. Comme dans de nombreux autres domaines, contrôler l’ensemble des éléments de la chaîne de valeur est un plus. Dans le football, un investisseur qui acquiert un club, rénove le stade – et modifie son nom au passage – et détient les droits de retransmission du championnat possède dès lors un avantage comparatif non négligeable pour optimiser son placement.

La décision du Tribunal de grande instance de Paris vient de confirmer ce mouvement de capitalisation de la Ligue 1 en permettant aux investisseurs étrangers plaçant leurs billes dans le ballon rond de devenir un acteur à part entière de la propriété des clubs à la retransmission des matchs.

Union bancaire : capitaliser sur son avancée

Il y a quelques jours, nous pouvions que le processus de création de l’Union bancaire était entravé par de difficiles négociations. Les ministres européens des Finances affichent pourtant une volonté de parvenir à un compromis avec le Parlement européen avant les élections européennes. L’occasion ici de rappeler que celles-ci se dérouleront entre le 22 et le 25 mai 2014 dans les 28 Etats membres de l’Union européenne. Les citoyens éliront alors les 751 députés qui les représenteront jusqu’en 2019.

L’Union bancaire vise à éviter qu’une nouvelle crise bancaire ne se transforme en une crise de la dette au sein de la zone euro. Cette Union se compose de plusieurs mécanismes complexes et complémentaires. Les quatre grands piliers sont la « supervision », la « liquidation », le « renflouement interne » et la « garantie des dépôts » des institutions financières.

Parmi les points d’achoppement figure le futur fonds de résolution qui sera utilisé en cas de faillite bancaire et sera abondé par le secteur financier. D’un côté, les ministres envisagent la création d’un fonds qui devrait atteindre environ 55 milliards d’euros en 10 ans, avec une « mutualisation progressive » ; de l’autre côté, le Parlement estime que dix ans est une période trop longue et plusieurs pays seraient prêts à une mutualisation en cinq ans.

Certains aspects techniques sont au centre des discussions, notamment en ce qui concerne « la possibilité que le fonds emprunte sur les marchés » comme l’a suggéré le Banque Centrale Européenne pour démultiplier les moyens financiers. La gouvernance du mécanisme est également au centre des débats, notamment en ce qui concerne le rôle de pays hors zone euros. Sur ce dernier point, certains redoutent que le traité intergouvernemental obtenu par l’Allemagne au mois de décembre visant à encadrer le fonds mutualisé de résolutions des crises bancaires fasse de la concurrence aux institutions européennes et favorisent l’Allemagne.

Le secteur financier devrait capitaliser sur les avancées de l’Union bancaire

Le secteur financier devrait capitaliser sur les avancées de l’Union bancaire au cours de l’année 2014, estiment les experts. Le fonds « Tricolore Rendement » chez Edmond de Rothschild Asset Management, qui a fêté ses 15 ans avec « 9,1% de performance annualisée » et un encours de « 1,6 milliard d’euros », considéré comme une « bonne performance », maintient à ce titre son intérêt pour le secteur financier.

Les gérants du fonds avancent que, dans un environnement de croissance faible et de taux nominaux longs qui devraient rester à un bas niveau, « le rendement du marché action de la zone Euro devrait redevenir attractif, notamment sur les valeurs domestiques décotées ou sur les valeurs distribuant des dividendes en croissance régulière ».

Le site spécialisé H24finance.com prévoie d’ailleurs de « belles surprises » à venir en 2014 pour Tricolore Rendement, soulignant qu’il a signé une « performance de 273,4% » depuis sa création.

L’Union bancaire, dont la finalisation n’est qu’une question de temps, devrait bénéficier au secteur financier créant par la même occasion des opportunités d’investissement intéressantes notamment à travers le fonds Tricolore Rendement, dont le retour à l’actionnaire est salué.

Union Européenne : vers quelle Union bancaire ?

Drapeau de l'Union européenne
Drapeau de l’Union européenne

Le 18 décembre 2013, les ministres des Finances ont signé un accord sur l’Union bancaire. La crise de 2008 a montré les limites de la zone euro. La crise bancaire est devenue une crise de la dette car ce sont les Etats qui ont renfloué les banques en faillite.

Après le sommet de décembre 2012, les Etats membres se sont mis d’accord sur un programme de mesures visant à renforcer l’union monétaire qui comporte quatre axes : la supervision centralisée des établissements financiers par la Banque centrale européenne, le renflouement interne, la garantie des dépôts, la liquidation des banques. Deux approches s’opposent : l’approche intergouvernementale allemande et l’approche supranationale française. Quels sont les apports de l’accord sur l’union bancaire ?

300 établissements financiers supervisés par la Banque centrale européenne : Vers une gouvernance supranationale ?

La Banque centrale européenne va créer un conseil de supervision dirigé par la Française Danièle Nouy. Ce conseil de supervision est chargé d’évaluer le bilan des banques et de les soumettre à des tests de résistance. En effet, le conseil de supervision de la BCE veut évaluer la situation et les besoins de financement des banques de la zone euro et des banques transfrontalières qu’elle supervisera. Le conseil fera un premier bilan à l’automne 2014. A l’origine, la France voulait que la Banque centrale européenne puisse superviser 6 000 établissements bancaires, moyennes et petites banques incluses. L’Allemagne a réussi à préserver ses établissements financiers régionaux.

Le mécanisme de résolution unique : une gouvernance intergouvernementale ?

100 000 euros de dépôts garantis pour les épargnants

Désormais en cas de faillite d’une banque, s’appliquera le renflouement interne, autrement dit ce seront les actionnaires et les créditeurs qui devront couvrir au minimum  8% des pertes de la banque. Des fonds de résolution seront mis en place par chaque Etat membre. Ceux-ci garantiront les dépôts des épargnants jusqu’à 100 000 euros.

Formé de cinq membres nommés par les Etats, un conseil de résolution sera créé en 2016. Il sera chargé de décider de la recapitalisation d’une banque ou d’une liquidation de celle-ci. L’Allemagne a obtenu que ce soit le Conseil des ministres des finances qui ait la décision finale alors que la France était plutôt favorable à ce que ce soit la Commission européenne qui décide.

Un fonds unique de résolution de 60 milliards d’euros en 2026

En cas de faillite, un fonds de résolution provenant du secteur bancaire permettra d’organiser la faillite d’une banque ou de la restructurer. L’Allemagne a obtenu que ce fonds de résolution soit fondé sur un traité intergouvernemental. En 2016, ce mécanisme s’appliquera à près de 300 banques de la zone euro. Il faudra attendre 2026 pour qu’un fonds unique de résolution de 60 milliards d’euros soit disponible et qu’ainsi une mutualisation européenne du risque bancaire soit une réalité. Ce fonds paraît insuffisant quand on sait que la France a dû renflouer ses banques à hauteur de 413 milliards d’euros après la crise de 2008. De plus, il ne s’agit pas de prévenir les faillites bancaires. En effet, la séparation des activités de dépôts et d’investissements des banques n’a pas été abordée dans la réforme. Michel Barnier, commissaire européen, propose une solution intermédiaire. Ainsi les 30 plus grandes banques européennes devront  séparer sous forme de filiales les activités de dépôts et les activités de spéculation.

Finalement, cette réforme bancaire européenne ne pourra être adoptée sans l’aval du Parlement. Ce dernier milite pour une approche supranationale de l’union bancaire. Le projet de l’Union bancaire sera l’un des enjeux des prochaines élections européennes et son adoption ne devrait pas être décidée avant cette échéance imminente. L’accord sur l’union bancaire européenne n’est qu’une première étape vers une véritable union bancaire.

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Infrastructures : la finance au service du bien commun ?

infrastructures 2Parfois décriée comme non-productive et prédatrice, la finance possède pourtant un visage plus clément, celui de la finance utile. L’histoire de la finance utile, c’est par exemple celle de Mayer Amschel Rothschild qui, né en 1744, connut le succès en offrant à ses clients transactions obligataires, opérations boursières et conseils en placement en plus du service de change qui était sa spécialité.

C’est l’histoire du successeur de Nathan Rothschild, Lionel de Rothschild qui, en 1876, permit au gouvernement anglais de Benjamin Disraeli d’acquérir, par un prêt de £4.000.000, l’achat des 176,602 parts du Canal de Suez que le Khédive d’Egypte, en banqueroute totale, ne pouvait plus assumer. Assurant par la même occasion la maintenance des routes de transport vers les Indes et, plus largement, la poursuite de l’industrialisation de l’Angleterre victorienne.

C’est l’histoire de la « ville de l’or noir », Baku, qui a vu les familles Rothschild et Nobel tour à tour s’affronter et coopérer pour le développement de la plus fameuse des cités pétrolières au monde. C’est ici en effet que les Nobel développèrent un appareil d’extraction massif représentant jusqu’à l’équivalent de 80% des extractions américaines de Standard Oil et que la famille Rothschild développa les transports adéquats à l’acheminement de la ressource vers le Vieux Continent : chemins de fer, raffinerie de Trieste, premiers tankers pétroliers avec les précurseurs de Royal Dutch Shell…

C’est également l’histoire de James de Rothschild, le modèle de Balzac pour son fameux baron de Nucingen et l’un des plus célèbres et minutieux bibliophiles de l’histoire. Son établissement, star des banques parisiennes, pratiqua en effet la « banque industrielle en multipliant les prêts aux entreprises » afin de leur permettre d’accroître leurs activités dans un contexte de développement frénétique des infrastructures dans l’Hexagone. James de Rothschild prit un goût particulier pour les investissements liés aux chemins de fer et s’y engagea notamment en créant les Chemins de fer du Nord qui devint rapidement une des principales entités ferroviaires françaises (ce fut l’une des principales composantes de l’actuelle SNCF). L’homme fit figure de véritable « pionnier » du chemin de fer français et établit un modèle qui s’imposera très vite comme étant le plus rentable du pays. Il s’aventura également, aux côtés de la Société générale, dans la construction du Canal de jonction de la Sambre à l’Oise, long de plus de 70 kilomètres et servant à acheminer le charbon de Charleroi aux Parisiens.

C’est enfin l’histoire actuelle du groupe Edmond de Rothschild et de sa filiale Edmond de Rothschild Asset Management qui, au travers du fonds Infrasphère, perpétuent la tradition d’investissement dans les grandes infrastructures. Loin des idées reçues donc, le fonds géré par Emmanuel Painchault et Raphaël Dubois ancre les capitaux dans l’économie réelle et concrète sans pour autant sacrifier la bonne performance sur l’autel de l’éthique puisque le secteur –certes défensif- est « peu cyclique » et possède une excellente visibilité avec des contrats signés sur de longues périodes dans un contexte marqué par de réels besoins étatiques aussi bien dans une Europe vieillissante que dans une Asie émergente.

Plus récemment, le Groupe a lancé l’initiative BRIDGE (Benjamin de Rothschild Infrastructure Debt Generation) avec pour ambition de constituer dans un premier temps un portefeuille d’un milliard d’euros. L’initiative permettra un accès à un pipeline nourri et diversifié d’opérations de dettes sur les actifs d’infrastructures en Europe.

Peu volatile donc, le secteur des infrastructures n’en est pas moins central pour le développement économique, comme l’expliquait Christophe de Backer, CEO du Groupe Edmond de Rothschild, dans une tribune parue dans le quotidien Les Echos en 2012. L’économie des infrastructures, « fortement créatrice d’emplois » et qui « favorise la productivité » représenterait un besoin de « 2.000 milliards de dollars » en Europe à l’horizon 2020. Le fonds Infrasphère illustre le fait que les financiers, stigmatisés après la crise financière, sont une partie de la solution et non nécessairement à l’origine du problème dans la mesure où les collectivités n’ont pas les moyens de s’offrir des infrastructures sur fonds propres et où les banques, contraintes par la législation, « ne sont plus en mesure de mobiliser les investissements requis ».

La finance dématérialisée, informatisée et instantanée n’est pas encore tout à fait d’actualité. Néanmoins, grâce aux actions de groupes comme le Groupe Edmond de Rothschild, il n’est pas impossible que la société se réconcilie avec cet acteur indispensable et bénéfique qu’est le secteur financier.

Sources : Letemps.ch, shell.com, le-bibliomane.blogspot.fr, classes.bnf.fr, capital.fr

Réflexions sur l'économie et la finance dans un monde qui change