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L’économie collaborative

Avant l’institutionnalisation généralisée des lois du marché au travers du capitalisme, la production sociale était la règle. Organisée dans des communautés basées sur la localisation, la population résolvait ses problèmes par la collaboration et les échanges collectifs, qu’ils soient commerciaux ou non. [1]

Par exemple, sous l’ancien régime en France, la plupart des villages s’autogéraient et géraient leurs terres en communaux. Cela signifie que les terres villageoises étaient en propriété collective, ce qui permettait même aux paysans les plus pauvres d’élever des bêtes sans avoir de terres. En effet, il y avait des parcelles communes ou encore des périodes de l’année ou la propriété n’avait plus cours (par exemple après la moisson) le bétail de chacun pouvait paitre sur l’intégralité des terres du village pour nourrir de façon optimale le bétail avant l’hiver.[2]

Descendants de ces communautés, de nombreux réseaux se construisent à nouveau grâce au Web 2.0 et ses plateformes participatives qui favorisent le courant du «savoir libre» et de la «culture libre». Ainsi, le concept de « Sharing economy» ou «mesh economy» apparaît aux États-Unis au milieu des années 2000. Les communautés ont beaucoup changé et se font aujourd’hui, avec l’évolution des moyens techniques et des transports, à des échelles multiples.

A l’échelle locale on peut citer l’AMAP, le coworking, le vélo-partage, les fablabs, les hacklabs, la collocation et l’habitat collectif. A une échelle plus globale, on peut citer des systèmes de consommation collaboratifs comme le Couchsurfing, le covoiturage, le peer-to-peer ou des systèmes de finance alternative comme le crowdfunding, le prêt d’argent de pair à pair et les monnaies alternatives.

Ainsi, l’économie collaborative se définit aujourd’hui comme une activité humaine visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils – l’usage plutôt que la possession – l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internet.

Ovni du capitalisme issu de l’internet, cette économie parallèle se développe à une période où les notions de croissance et de surconsommation sont de plus en plus remises en cause et ou le problème de la surpopulation inquiète. Si l’on ajoute à cela la paupérisation des pays riches et la maturité des technologies de l’information et de leurs utilisateurs, tous les facteurs semblent réunis pour la démocratisation de ce concept théorisée depuis les années 70. Un concept initié par la société civile qui pourrait transformer l’économie et la société.

Si le mouvement n’a pour l’instant rien d’une « révolution » ou d’un changement de paradigme – quoi que certains économistes le soutiennent[3] – il progresse dans la société. Des formes de revente, de location, de partage, de troc, d’échange, de don de biens matériels et immatériels, de service ou encore de savoir-faire, se démultiplient : c’est désormais une tendance notoire.

[1] The circulation of co-created value in collaborative networks, Daiane Scaraboto, Pontificia Universidad Católica de Chile
[2] De la Centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, marion Sigaut
[3] Vive la Co-révolution! Pour une société collaborative Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot –Editions Alternatives–octobre 2013.

Qu’est-ce que la guerre économique ?

Dans son testament politique, François Mitterrand au bord de la mort écrivait : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort… apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort! »

Si l’ancien président socialiste évoquait déjà en 1996 la guerre économique, aujourd’hui, alors que la sécurité d’un pays se mesure davantage en emplois sauvés et en domination économique qu’en victoire sur les champs de bataille, le concept de guerre économique fait son chemin dans les esprits.

La guerre économique c’est quoi ?

Fondamentalement, comme l’explique Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique, c’est « comment des hommes vont développer des moyens pour survivre et comment d’autres vont leur prendre. ». Appliqué à nos sociétés contemporaines mondialisées, il s’agit d’un conflit entre économies concurrentes, dans le jeu des échanges internationaux, d’où sortiront un gagnant et un perdant. (définition wikipedia) Etendu aux entreprises – qui se veulent chaque jour plus indépendantes des Etats – la guerre économique peut également se définir comme une concurrence exacerbée rythmée de pratiques agressives comme le dumping, le lobbying, la normalisation, la contrefaçon concurrentielle, la guerre de l’information, voire même l’espionnage industriel.

Un exemple très concret de guerre économique : l’avion de chasse rafale. Cet avion parmi les plus aboutis au monde, est capable de remplir des missions de reconnaissance, d’interception, d’attaque air-sol, d’attaque air-mer, ainsi que la frappe nucléaire. Là ou trois avions différents seraient normalement nécessaires, le rafale remplit toutes les missions. Cependant, les Etats Unis ont préféré user de leur influence pour empêcher la vente de ceux-ci tout en essayant de développer désespérément un modèle équivalent à coups de milliards de recherche – qui se sont soldés jusque-là par un échec – plutôt que de laisser leur « allié » politique prendre des marchés. Mais ces contrats correspondent en réalité à des milliards d’euros qui ne seront pas injectés dans l’économie française et dans sa croissance.

En pratique, sans que nous le sachions, les aléas de la guerre économique rythment chaque jour nos vies et nos emplois. Prenons un exemple qui touche chacun de nous: les révélations d’Edward Snowden. Si les medias ont expliqué que ce dispositif servait à empêcher le terrorisme, ce n’est que très partiellement vrai. En effet tout « bon terroriste » connaît déjà les pouvoirs des renseignements et possède largement les moyens de s’en prémunir via des logiciels comme TOR. L’analyse de ce dispositif d’espionnage permet de comprendre sa fonction principale : regrouper l’information stratégique par le big data aux profits des entreprises américaines. En effet l’Etat déniche via ses services secrets, la moindre bribe d’information sur les concurrents de ses entreprises nationales. Allant jusqu’à décortiquer les emails privés ou les « messages personnels » des réseaux sociaux, il observe chacune des personnes qui pourraient être en contact avec des informations confidentielles. L’Etat américain, en échange de la coopération secrète de ses entreprises nationales leur cède des rapports qui leur permettront d’infléchir des négociations au cours desquelles des millions/milliards d’euros se joueront avec l’emploi de votre oncle/père/cousin dans le lot. Sans compter le « désagrément » d’être pisté et observé chaque jour pour l’honnête citoyen.

Comme l’explique Christian Harbulot, la France dans tout cela « encaisse ces coups sans rien dire ». En effet explique-t-il « les élites françaises ont choisi d’être sous la protection des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. C’est un choix non assumé devant le peuple français. Mais c’est une réalité. » . De leur côté, les entreprises ne parlent pas. En effet, la guerre économique est cachée par ses victimes qui n’osent pas dire qu’elles ont été attaquées – de peur de dévoiler leurs point faibles et de faire fuir les investisseurs – et est cachée par leurs acteurs qui n’ont pas intérêts à venter leurs méfaits ou à dévoiler leur identité. En France cela va encore plus loin : la plupart des dirigeants refusent d’employer des méthodes agressives. Mais pire encore, ils n’imaginent pas que d’autres puissent employer ces méthodes systématiquement et s’en défendent dès lors assez mal. Cet angélisme, orphelin d’un panache français disparu, pourrait bien porter préjudice à la France.

Comment permettre à son entreprise de rester dans la compétition?

La délégation interministérielle à l’intelligence économique propose quelques solutions. Elle conseille de sensibiliser et de former tous les acteurs de l’entreprise , d’anticiper et d’accompagner les évolutions notamment par la veille stratégique pour prendre les meilleures décisions, de sécuriser à travers la prévention des risques, notamment immatériels (savoir-faire, réputation, etc.) et de cultiver son influence à long terme sur l’environnement économique et ses acteurs afin de créer un environnement favorable aux orientations choisies.

En pratique, le plus important est de prendre conscience du danger. Après, il existe de nombreuses solutions, allant de l’autoformation aux cabinets d’intelligence économique, de stratégie et de veille.

Site de la Délégation interministérielle à l’intelligence économique
http://www.intelligence-economique.gouv.fr/

Interview de Christian Harbulot président de l’école de Guerre économique:

Sabordage : Comment la France détruit sa… par agenceinfolibre

TAFTA : Un traité menacé ?

La cinquième table ronde relative l’accord de libre-échange transatlantique,  baptisé dans un premier temps TAFTA a eue lieu du 19 au 24 mai 2014. Il a pour but de créer un marché commun de 820 millions de consommateurs, en allégeant les tarifs de douanes et les réglementations de part et d’autre de l’Atlantique.  S’il faudra au moins deux ans pour parvenir à un accord, le projet, lui, a déjà plus de 15 ans.

 Pourquoi cette négociation suscite tant d’interrogations ?

Le TAFTA n’est qu’une version modifiée de l’Accord Multilatéral sur l’Investissement (AMI), explique Le Monde Diplomatique,  prévoyant que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales, ou d’une réparation de plusieurs millions d’euros. Trainant une sale réputation dans l’opinion, ses partisans l’ont depuis renommé TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), car il ressemblait trop au traité ACTA, rejeté à Bruxelles au terme d’un long combat politique.

A défaut d’un abandon en plein milieu, les détracteurs du TAFTA comptent aussi sur un ralentissement des tractations. La nouvelle Commission européenne commencera son mandat en octobre prochain et les parlements nationaux auront aussi leur mot à dire. Le traité de Lisbonne prévoit qu’ils soient consultés pour les accords dépassant les compétences communautaires.  Heureusement, dirait-on, car  les délégations américaines (et  européennes) comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. L’instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir. Or chaque pan de notre société pourrait être transformé : sécurité des aliments, normes de toxicité, assurance-maladie, prix des médicaments, liberté du Net, protection de la vie privée, énergie, culture, droits d’auteur, ressources naturelles, formation professionnelle, équipements publics, immigration. Le libre-échange institutionnalisé.

L’installation d’un mécanisme pour régler les différends des entreprises a aussi sa part de mauvaise publicité. Cela impliquerait la création d’un tribunal international qui statuerait entre un Etat et une entreprise se sentant flouée. Composante fondamentale de l’accord de libre-échange pour les américains, elle suscite l’indignation de ses contradicteurs ; les Verts, une partie de la droite et de la gauche, le centre bien que libéral  et le front national. En effet, si une entreprise a peu de chance de gagner en attaquant un pays dans sa juridiction, ce dispositif avantagerait fortement les intérêts commerciaux. Le pétrolier américain Schuepbach a récemment été débouté par le Conseil constitutionnel après avoir contesté le moratoire français sur le gaz de schiste. S’il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants.

OPA sur le ballon rond

Les droits de retransmission du football sont une histoire de gros sous. Le conflit qui opposait Canal+ à la chaîne qatarie BeIN Sports témoigne bien des luttes pour la diffusion des matchs français. La justice a rendu son verdict cette semaine ; verdict qui démontre l’importance croissante du marché que représente le sport le plus populaire en France et qui illustre l’internationalisation croissante du football dans l’hexagone.

Le Tribunal de grande instance de Paris a validé, le 28 mars 2014, sa décision de relancer par anticipation la négociation pour les droits de diffusion télévisuelle de la Ligue 1 pour la période 2016-20, allant dans le sens de la Ligue de football professionnel (LNFP). Canal +, le diffuseur historique du championnat français se trouve désormais en concurrence avec la nouvelle chaîne qatarie BeIN Sport.

Une simple « exigence de concurrence » ?

«Le processus de l’appel d’offres va pouvoir se dérouler comme prévu, dans des conditions de concurrence loyales et transparentes pour l’ensemble des candidats. Que le meilleur gagne », a déclaré le président de la Ligue de football professionnel Frédéric Thiriez. Ce dernier était à l’origine du conflit juridique initié par Canal+ qui déposât, le 6 mars, un référé pour suspendre l’opération de mise en concurrence anticipée.

La répartition des droits de diffusions entre les différentes chaînes en France n’est pas un enjeu nouveau. Des cartons rouges furent brandis lorsque BeIN Sport – encore elle – déroba à Canal+ les droits de retransmission de la Ligue des Champions et se partagea avec TF1 certaines retransmissions de l’Euro 2012.

Le traditionnel match du dimanche soir sur Canal+ risque donc de disparaitre sacrifié sur l’autel de la « concurrence libre et non faussée ». S’agit-il de plus de concurrence pour plus de concurrence ? Une simple remise à plat de l’attribution des droits de retransmission pour coller aux exigences libérales ?

Le football comme asset management

Cette remise à plat des droits de retransmission s’insère dans les mutations structurelles qu’a connu le milieu footballistique français ces dernières années. A l’instar du championnat anglais, la Ligue 1 s’est internationalisée et les capitaux étrangers ont progressivement abondés vers les grands clubs. L’image du club franchouillard sponsorisé par les Poulets fermiers de Loué a été driblée par la venue des investisseurs russes et qataris. Faisant jeu égal avec les autres championnats européens, la Ligue 1 s’est restructurée en adoptant les mêmes caractéristiques : stades financés par des firmes, accroissement du nombre de joueurs internationaux, capitaux réguliers, etc.

Le football est ainsi aussi perçu comme un actif financier valorisable dont l’optimisation du rendement passe par l’image du club. Le prestige se construit notamment par les palmarès mais surtout via la constitution d’une image publique : dans cette optique,  le recrutement de stars du ballon rond va de pair avec l’achat de droits de retransmission des matchs. Comme dans de nombreux autres domaines, contrôler l’ensemble des éléments de la chaîne de valeur est un plus. Dans le football, un investisseur qui acquiert un club, rénove le stade – et modifie son nom au passage – et détient les droits de retransmission du championnat possède dès lors un avantage comparatif non négligeable pour optimiser son placement.

La décision du Tribunal de grande instance de Paris vient de confirmer ce mouvement de capitalisation de la Ligue 1 en permettant aux investisseurs étrangers plaçant leurs billes dans le ballon rond de devenir un acteur à part entière de la propriété des clubs à la retransmission des matchs.

La contrefaçon : une alternative risquée

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http://www.terrafemina.com/

La contrefaçon touche la plupart des industries ; l’automobile avec les pneus de voitures, les pièces détachés, l’ameublement avec des copies de meubles de créateurs, les jouets, les cosmétiques, la mode, l’agroalimentaire, les nouvelles technologies avec des téléphones mobile contrefaits, l’industrie du tabac et même les médicaments. Ces produits, qui arrivent illégalement sur les marchés traditionnels ainsi que sur internet,  représentent un véritable manque à gagner pour les fabricants honnêtes qui perdent la main sur leurs produits et leur image de marque.

D’un point de vue sanitaire, les produits contrefaits représentent un danger potentiel pour ses consommateurs. Dans le cas de l’utilisation d’un produit cosmétique, où le produit est en contact direct avec la peau, le risque est très élevé. Les périodes de fêtes, particulièrement celle de Noël connaissent une surcroissance du marché de la contrefaçon quand les consommateurs se ruent sur les jouets « imitations ». Le secteur du bâtiment a eu des sueurs froides en 2013 avec le rappel de milliers d’euros de câbles électriques, de sèches serviettes électriques et de détecteurs de fumée, tous défectueux et présentant des risques graves pour la sécurité des occupants des logements concernés.

Lutter contre la contrefaçon

Face à cette prise de risque sous-estimée par les autorités régulatrices et par les consommateurs, les marques se mobilisent afin de lutter contre ce fléau silencieux qui touche l’ensemble des secteurs. La Fédération de l’industrie horlogère suisse donne l’exemple en traquant les contrefaçons de montres et en faisant de ce problème son cheval de bataille. Le commerce en ligne est connu par tous pour ses aubaines en tout genre. L’ameublement en est une. Et la contrefaçon est une des inquiétudes des éditeurs de meubles. Nous pouvons par exemple trouver des meubles tels le fauteuil dessiné en 1956 par Charles et Ray Eames à 950 euros contre 7900 euros pour une pièce dotée de la certification Vitra qui est officiellement la seule entreprise habilitée à le fabriquer en Europe. Internet est un catalyseur de la contrefaçon et ne fait qu’amplifier les conséquences sur les secteurs qui perdent l’exclusivité sur leurs produits.

Trafic de drogue et contrefaçon

Mis en place en 2013, un programme commun de l’ONUDC avec l’organisation mondiale des douanes et de contrôle des conteneurs (PCC) a été mis en place pour lutter contre le passage des frontières des drogues dissimulées dans des conteneurs. Bien que développée pour la lutte contre les drogues, ce programme a démontré que dans plus d’un tiers des contrôles, des produits contrefaits ont également été interceptés. Les réseaux utilisent donc des modus operandi similaires aux réseaux de trafic de drogue. Soulignons aussi que le trafic des contrefaçons de médicaments, par exemple, est considéré comme plus lucratif et moins risqué que le trafic de drogues pour les trafiquants selon une étude de l’Institut de Recherche Anti-Contrefaçon de Médicaments (IRACM).

Ethique et contrefaçon

Comment sont produits les articles de contrefaçon ? L’exploitation des travailleurs qui sont faiblement rémunérés est une autre facette de la contrefaçon. En plus de copier des modèles qui ne sont pas leur propriété intellectuelle et industrielle, les fabricants ont recours à des pratiques réduisant les couts de fabrication : matières premières toxiques ou de mauvaise qualité, travailleurs maltraités, aucuns avantages sociaux, aucun respect de l’environnement parmi d’autres. La qualité des produits présentent des composants qui peuvent gravement nuire à la santé des consommateurs comme le démontre le rapport du laboratoire des douanes françaises de Marseille. En analysant des cigarettes saisies pour contrefaçon, elle a trouvé des crottes de souris dans le tabac. D’un autre point de vue, nous pouvons également mettre en question la volonté du consommateur à avoir une consommation « responsable » face au crime de la contrefaçon. Le prix du produit est très souvent le critère qui influe sur la décision de l’acheteur.

La responsabilité des sites e-commerces

La vente en ligne de produits par les particuliers a connu une explosion de son activité avec sur les dernières années une amplification du phénomène avec des sites comme Ebay et notamment leboncoin qui est devenu le deuxième site sur lequel les Français ont passé le plus de temps après Facebook en 2013. La vente de produits d’occasion est fortement touchée par les contrefaçons. Il est indéniablement très difficile pour les sites de contrôler un à un chaque produit mis en vente sur leur sites ; la modération est faite de façon automatique et implique que très peu d’interventions humaines. La coopération au lieu du contentieux judicaire doit être la solution pour trouver un compromis entre les marques qui souhaitent protéger leurs produits et les sites e-commerce qui souhaitent augmenter leurs chiffres d’affaires.

Le « Crowdfunding » : son encadrement juridique

Salon.com

Le financement participatif, ou crowdfunding, est une pratique qui prend de plus en plus d’ampleur dans tous les secteurs d’activités. « Crowdfunding », terme anglais qui signifie « financement par la foule » consiste à mettre en avant des projets porteurs sur une plateforme en ligne et de récolter des dons des internautes pour concrétiser son projet. A ce jour, il existe plusieurs plateformes en ligne de crowdfunding dont Ulule, MyMajorCompany, humanitic, alvarum, kisskissbankbank entres autres.  Ce dispositif permet aux particuliers de connaître des projets qui correspondent à leur goût, à proximité ou à l’autre bout du monde, dans tous les domaines qui soient, et de contribuer directement à leur construction, grâce à leur épargne, engagée sous forme de don, de prêt, ou de capital. Sur le papier, c’est simple. Le problème, c’est que de plus en plus de sites participatifs arrivent sur le marché, et chacun a un mode de fonctionnement différent. Selon le modèle de financement sur lequel ils reposent, les conséquences pour les investisseurs particuliers ne sont pas les mêmes.

Les sites qui proposent un retour sur investissement aux « donateurs »

Mymajorcompany.com, plateforme crowdfunding mise en ligne en 2007, donne la possibilité aux  personnes qui souhaitent financer un projet de placer leurs dons sur un projet de nature artistique sur une durée fixe de six mois. Le porteur du projet met son dossier en ligne en détaillant les contreparties qu’il compte reverser aux internautes. Au terme de l’opération, si le projet a récolté suffisamment d’argent pour voir le jour, les particuliers donateurs perçoivent, en général, une part des bénéfices tirés de la commercialisation du projet, « si ce dernier en génère ». Ce modèle donne alors un statut proche d’un « micro business angel » aux internautes qui investissent sur la viabilité du projet.

Des « goodies »

D’autres plateformes proposent des cadeaux pour rémunérer les particuliers qui participent au financement des projets. Si la somme fixée est atteinte, le projet est financé et les internautes reçoivent une récompense symbolique pour leur participation. Cette contrepartie peut être un livre dédicacé, un exemplaire du disque, une carte de vœux ou tout simplement un courrier/mail de remerciements. Le modèle économique est ici plus proche du don pur et dur. Il garde le caractère « philanthrope » de faire un don pour aider et non pour le retour sur investissement. Les sites les plus connus sont KissKissBankBank.com, Babeldoor.com ou Kickstarter.com (aux Etats-Unis).

Les plateformes de micro-crédit

Ces plateformes de crowdfunding fonctionnent par le financement via un prêt. L’internaute avance une partie des fonds au projet de son choix. Une fois le projet réalisé, l’internaute est remboursé à hauteur de sa contribution. Dans ce domaine, la plateforme la plus connue est Babyloan.org qui prête sans intérêt.

L’encadrement juridique du crowdfunding en France

Il n’existe actuellement aucune législation qui encadre les échanges et les flux financiers sur les plateformes de crowdfunding. La raison est que les sommes ne sont pas assez importantes pour faire l’objet d’une loi. Pourtant, le financement participatif implique plusieurs zones « floues ».

Dans le cas d’un modèle basé sur les micro-crédits, la plateforme doit détenir un agrément qui formalise son statut d’intermédiaire financier par l’Autorité de contrôle prudentiel, ce qui est rarement le cas. Ensuite, toute contribution financière  d’une personne à la réalisation d’un projet lui donne le statut d’ « associés » car sa contribution est légalement parlant un apport au capital du projet, ce qui n’est jamais le cas.

Le crowdfunding est à la base un système qui fonctionne par des dons. Les sommes versées étant considérées comme des donations, doivent donc être déclarées aux impôts et taxées. La majorité des particuliers sautent cette étape. Si ces sites sont régulièrement utilisés pour donner des sommes importantes, il est fort probable que le fisc s’en mêle.

Sources : lemonde.fr, lemonde.fr

Coût du travail et compétitivité : une relation par si simple

Le rapport Gallois remet, une fois de plus, le coût du travail au centre des enjeux économique. Tous les manuels d’économie affirment que les salaires et les charges qui y sont affiliés représentent un coût qui pèse sur la productivité des entreprises. La compétitivité des entreprises –leur capacité à vendre des biens et services marchands dans un contexte de concurrence- se trouverait plombée par les cotisations sociales et patronales. Alternatives Économies revient sur ce cas d’école plus complexe qu’il n’y paraît  dans son dernier numéro.

Un débat économique toujours d’actualité

« Réduire les salaires ou réduire la masse salariale pour améliorer la compétitivité des entreprises ». Cet apophtegme économique fait un relatif consensus chez les économistes libéraux. Alternative Economique, prenant du recul sur la pensée économique, rappelle que la formation d’un salaire répond en premier lieu à la valeur que l’employeur escompte tirer de son employé. Ainsi, raisonner sur la compétitivité d’une entreprise au regard de la masse salariale devrait s’aborder sous l’angle du rapport entre le coût du travail et sa productivité. Le magazine mensuel prend le SMIC comme exemple. Choix judicieux puisque la doxa économique soutient que la rigidité du salaire minimum est un frein à l’équilibrage du marché de l’emploi et serait donc à l’origine du chômage.

« En proportion de la productivité horaire moyenne (la valeur ajoutée par heure travaillée), le coût horaire du salaire minimum se situe aujourd’hui à son plus bas niveau depuis soixante ans (environ 23 %), soit près de deux fois moins qu’à l’époque de sa création au début des années 1950 (environ 45 %). Sans les exonérations de cotisations sociales sur les « bas salaires », ce ratio serait de 28 %, soit à peu près le niveau observé avant l’instauration du Smic, en 1970, après une période où le salaire minimum avait considérablement chuté. Difficile de conclure dans ces conditions que le niveau du salaire minimum serait un problème ».

Prendre du recul sur les notions économiques et les conséquences politiques qui en découlent passe également par la comparaison avec nos partenaires et voisins européens. Le coût du travail en France est comparable à celui de nos principaux voisins (et oui !) alors que notre productivité est bien plus élevée, supérieure par exemple de plus de 20 % à celle de l’Allemagne. Dans ces conditions, freiner les salaires c’est surtout réduire le pouvoir d’achat, casser la demande et comprimer l’emploi.

Un débat politique vide de sens

Parler de coût du travail est surtout politique. Comme le sujet de la délinquance ou celui de l’immigration, le coût du travail est un marronnier politique qui s’attache plus sur les effets d’annonce que sur une réelle politique de fond. Imaginons une politique publique qui réduise le coût du travail, Certes, l’employeur minimise ses charges mais il reste à savoir  par quelles manières la protection sociale se retrouve-t-elle financée ? Impôts, cotisations sociales ou prélèvements privées, les ménages supportent toujours le coût de la protection sociale. Prenons un Américain, pour accéder à une bonne qualité de vie, il doit souscrire personnellement ses propres assurances sociales…

Nous attendons donc avec patience les conclusions du rapport Gallois qui devrait fournir des propositions pour rehausser la compétitivité dans l’Industrie.  Je doute que le principal problème à l’industrie soit une question de charges salariales mais plutôt une évolution, qui ne date pas d’hier, de la structure économique. La tertiarisation à impliqué un transfert de création de valeur ajoutée vers les services. L’industrie européenne se confronte et collabore avec les pays fraichement industrialisés qui exploitent une armée de réserve. Comment lutter contre la Chine qui rémunère ses ouvriers quelques euros par semaines. D’ailleurs, plusieurs mouvements de grève dénonçant les conditions de travail ont été répertoriés et nous voudrions accentuer notre compétitivité en réduisant le coût du travail ?

Une infographie intéressante et bien faire sur les différence économiques entre la France et l’Allemagne.