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L’économie collaborative

Avant l’institutionnalisation généralisée des lois du marché au travers du capitalisme, la production sociale était la règle. Organisée dans des communautés basées sur la localisation, la population résolvait ses problèmes par la collaboration et les échanges collectifs, qu’ils soient commerciaux ou non. [1]

Par exemple, sous l’ancien régime en France, la plupart des villages s’autogéraient et géraient leurs terres en communaux. Cela signifie que les terres villageoises étaient en propriété collective, ce qui permettait même aux paysans les plus pauvres d’élever des bêtes sans avoir de terres. En effet, il y avait des parcelles communes ou encore des périodes de l’année ou la propriété n’avait plus cours (par exemple après la moisson) le bétail de chacun pouvait paitre sur l’intégralité des terres du village pour nourrir de façon optimale le bétail avant l’hiver.[2]

Descendants de ces communautés, de nombreux réseaux se construisent à nouveau grâce au Web 2.0 et ses plateformes participatives qui favorisent le courant du «savoir libre» et de la «culture libre». Ainsi, le concept de « Sharing economy» ou «mesh economy» apparaît aux États-Unis au milieu des années 2000. Les communautés ont beaucoup changé et se font aujourd’hui, avec l’évolution des moyens techniques et des transports, à des échelles multiples.

A l’échelle locale on peut citer l’AMAP, le coworking, le vélo-partage, les fablabs, les hacklabs, la collocation et l’habitat collectif. A une échelle plus globale, on peut citer des systèmes de consommation collaboratifs comme le Couchsurfing, le covoiturage, le peer-to-peer ou des systèmes de finance alternative comme le crowdfunding, le prêt d’argent de pair à pair et les monnaies alternatives.

Ainsi, l’économie collaborative se définit aujourd’hui comme une activité humaine visant à produire de la valeur en commun et reposant sur de nouvelles formes d’organisation du travail. Elle s’appuie sur une organisation plus horizontale que verticale, la mutualisation des biens, des espaces et des outils – l’usage plutôt que la possession – l’organisation des citoyens en « réseau » ou en communautés et généralement l’intermédiation par des plateformes internet.

Ovni du capitalisme issu de l’internet, cette économie parallèle se développe à une période où les notions de croissance et de surconsommation sont de plus en plus remises en cause et ou le problème de la surpopulation inquiète. Si l’on ajoute à cela la paupérisation des pays riches et la maturité des technologies de l’information et de leurs utilisateurs, tous les facteurs semblent réunis pour la démocratisation de ce concept théorisée depuis les années 70. Un concept initié par la société civile qui pourrait transformer l’économie et la société.

Si le mouvement n’a pour l’instant rien d’une « révolution » ou d’un changement de paradigme – quoi que certains économistes le soutiennent[3] – il progresse dans la société. Des formes de revente, de location, de partage, de troc, d’échange, de don de biens matériels et immatériels, de service ou encore de savoir-faire, se démultiplient : c’est désormais une tendance notoire.

[1] The circulation of co-created value in collaborative networks, Daiane Scaraboto, Pontificia Universidad Católica de Chile
[2] De la Centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, marion Sigaut
[3] Vive la Co-révolution! Pour une société collaborative Anne-Sophie Novel et Stéphane Riot –Editions Alternatives–octobre 2013.

Qu’est-ce que la guerre économique ?

Dans son testament politique, François Mitterrand au bord de la mort écrivait : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort… apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort! »

Si l’ancien président socialiste évoquait déjà en 1996 la guerre économique, aujourd’hui, alors que la sécurité d’un pays se mesure davantage en emplois sauvés et en domination économique qu’en victoire sur les champs de bataille, le concept de guerre économique fait son chemin dans les esprits.

La guerre économique c’est quoi ?

Fondamentalement, comme l’explique Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique, c’est « comment des hommes vont développer des moyens pour survivre et comment d’autres vont leur prendre. ». Appliqué à nos sociétés contemporaines mondialisées, il s’agit d’un conflit entre économies concurrentes, dans le jeu des échanges internationaux, d’où sortiront un gagnant et un perdant. (définition wikipedia) Etendu aux entreprises – qui se veulent chaque jour plus indépendantes des Etats – la guerre économique peut également se définir comme une concurrence exacerbée rythmée de pratiques agressives comme le dumping, le lobbying, la normalisation, la contrefaçon concurrentielle, la guerre de l’information, voire même l’espionnage industriel.

Un exemple très concret de guerre économique : l’avion de chasse rafale. Cet avion parmi les plus aboutis au monde, est capable de remplir des missions de reconnaissance, d’interception, d’attaque air-sol, d’attaque air-mer, ainsi que la frappe nucléaire. Là ou trois avions différents seraient normalement nécessaires, le rafale remplit toutes les missions. Cependant, les Etats Unis ont préféré user de leur influence pour empêcher la vente de ceux-ci tout en essayant de développer désespérément un modèle équivalent à coups de milliards de recherche – qui se sont soldés jusque-là par un échec – plutôt que de laisser leur « allié » politique prendre des marchés. Mais ces contrats correspondent en réalité à des milliards d’euros qui ne seront pas injectés dans l’économie française et dans sa croissance.

En pratique, sans que nous le sachions, les aléas de la guerre économique rythment chaque jour nos vies et nos emplois. Prenons un exemple qui touche chacun de nous: les révélations d’Edward Snowden. Si les medias ont expliqué que ce dispositif servait à empêcher le terrorisme, ce n’est que très partiellement vrai. En effet tout « bon terroriste » connaît déjà les pouvoirs des renseignements et possède largement les moyens de s’en prémunir via des logiciels comme TOR. L’analyse de ce dispositif d’espionnage permet de comprendre sa fonction principale : regrouper l’information stratégique par le big data aux profits des entreprises américaines. En effet l’Etat déniche via ses services secrets, la moindre bribe d’information sur les concurrents de ses entreprises nationales. Allant jusqu’à décortiquer les emails privés ou les « messages personnels » des réseaux sociaux, il observe chacune des personnes qui pourraient être en contact avec des informations confidentielles. L’Etat américain, en échange de la coopération secrète de ses entreprises nationales leur cède des rapports qui leur permettront d’infléchir des négociations au cours desquelles des millions/milliards d’euros se joueront avec l’emploi de votre oncle/père/cousin dans le lot. Sans compter le « désagrément » d’être pisté et observé chaque jour pour l’honnête citoyen.

Comme l’explique Christian Harbulot, la France dans tout cela « encaisse ces coups sans rien dire ». En effet explique-t-il « les élites françaises ont choisi d’être sous la protection des Etats-Unis depuis la seconde guerre mondiale. C’est un choix non assumé devant le peuple français. Mais c’est une réalité. » . De leur côté, les entreprises ne parlent pas. En effet, la guerre économique est cachée par ses victimes qui n’osent pas dire qu’elles ont été attaquées – de peur de dévoiler leurs point faibles et de faire fuir les investisseurs – et est cachée par leurs acteurs qui n’ont pas intérêts à venter leurs méfaits ou à dévoiler leur identité. En France cela va encore plus loin : la plupart des dirigeants refusent d’employer des méthodes agressives. Mais pire encore, ils n’imaginent pas que d’autres puissent employer ces méthodes systématiquement et s’en défendent dès lors assez mal. Cet angélisme, orphelin d’un panache français disparu, pourrait bien porter préjudice à la France.

Comment permettre à son entreprise de rester dans la compétition?

La délégation interministérielle à l’intelligence économique propose quelques solutions. Elle conseille de sensibiliser et de former tous les acteurs de l’entreprise , d’anticiper et d’accompagner les évolutions notamment par la veille stratégique pour prendre les meilleures décisions, de sécuriser à travers la prévention des risques, notamment immatériels (savoir-faire, réputation, etc.) et de cultiver son influence à long terme sur l’environnement économique et ses acteurs afin de créer un environnement favorable aux orientations choisies.

En pratique, le plus important est de prendre conscience du danger. Après, il existe de nombreuses solutions, allant de l’autoformation aux cabinets d’intelligence économique, de stratégie et de veille.

Site de la Délégation interministérielle à l’intelligence économique
http://www.intelligence-economique.gouv.fr/

Interview de Christian Harbulot président de l’école de Guerre économique:

Sabordage : Comment la France détruit sa… par agenceinfolibre

Etude de Fondapol sur la philanthropie en France

Le think tank libéral, progressiste et européen Fondapol a publié l’étude « La Philanthropie. Des entrepreneurs de solidarité » qui fait le point sur l’évolution récente de la philanthropie en France et les enjeux pour poursuivre la croissance de ce secteur. Fondapol milite plutôt en faveur d’un système à l’anglo-saxonne Continuer la lecture de Etude de Fondapol sur la philanthropie en France

Réflexions sur le couple franco-allemand à l’heure de la crise

Jean-Pierre Gougeon, spécialiste de l’Allemagne, nous donne son analyse du couple franco-allemand à l’heure de la crise de l’euro. Selon lui,le couple franco-allemand est indispensable à l’Europe mais il ne peut pas être exclusif. Continuer la lecture de Réflexions sur le couple franco-allemand à l’heure de la crise

Le collectif Roosevelt 2012 pour changer la donne

Et si l’invité vedette de la campagne présidentielle française était finalement un mort : le Président étasunien Franklin D. Roosevelt, instigateur du New Deal, une politique interventionniste mise en place entre 1933 et 1938 pour contrecarrer les effets de la crise économique ? Continuer la lecture de Le collectif Roosevelt 2012 pour changer la donne

Les enjeux de la solidarité pour le prochain quinquennat

Le 14 mars 2012, Convergences 2015, le forum de réflexion destiné à établir de nouvelles convergences entre acteurs privés, publics et solidaires, a organisé un débat sur les programmes politiques des différents candidats pour l’économie sociale et solidaire et pour l’entrepreneuriat social. Continuer la lecture de Les enjeux de la solidarité pour le prochain quinquennat

Riche semaine pour l’économie solidaire en France

Cette semaine, deux événements ont marqué le secteur du social business : la création d’un fonds 100% social business par la Fondation Grameen Crédit Agricole et la tenue d’un colloque sur la place de l’entrepreneuriat social en France, organisé par le Centre d’analyse stratégique. Continuer la lecture de Riche semaine pour l’économie solidaire en France